Une majorité des pauvres s’en sort après 2 ans

Les chiffres de la pauvreté restent stables et élevés en Belgique, mais ce ne sont pas toujours les mêmes groupes de citoyens qui sont confrontés à l’indigence. C’est ce qu’indique l’édition 2013 de l’Annuaire sur la pauvreté et l’exclusion sociale, réalisé par l’université d’Anvers. Une majorité des pauvres parvient à sortir de sa situation de crise après un ou deux ans. Il s’agit le plus souvent de personnes hautement qualifiées, d’étudiants ou de travailleurs. Certains groupes plus fragilisés tombent par contre dans un cercle vicieux de pauvreté.

L’Annuaire sur la pauvreté et l’exclusion sociale en Belgique, réalisé par l’université d’Anvers, est présenté officiellement ce lundi. Il en ressort que les chiffres de la pauvreté restent élevés et stables dans notre pays. Une nouvelle tendance semble cependant se dégager : une majorité de pauvres ne restent dans leur situation de crise qu’un temps limité.

Les personnes hautement qualifiées, les étudiants et les travailleurs qui connaissent de grosses difficultés financières parviennent à en sortir au bout d’un ou deux ans.

D’autres groupes de citoyens plus fragilisés tombent par contre dans un cercle vicieux. « Il s’agit par exemple de familles monoparentales », explique le professeur Danielle Dierckx. « Elles éprouvent souvent des difficultés, même avec un salaire pour un travail à temps plein. Les locataires sont aussi souvent fragilisés. Les prix de location mangent une trop grande part de leur budget ».

"Aider les familles en difficulté financière"

Sans l’aide de la sécurité sociale, ce ne sont pas 15% mais 42% des citoyens qui risqueraient de sombrer dans la pauvreté en Belgique, indiquent les chercheurs de l’université d’Anvers.

Mais même dans les conditions d’aide sociale actuelles, le risque de pauvreté reste élevé parce que le revenu d’intégration et d’autres allocations ne garantissent pas un niveau de vie minimum.

L’Annuaire sur la pauvreté et l’exclusion sociale indique également que la pauvreté infantile augmente nettement en Belgique. En 2005, elle touchait 15% des enfants. Cinq ans plus tard, elle concerne 18,7% des mineurs d’âge. Le professeur Dierckx estime qu’une augmentation des allocations familiales pourrait contrecarrer cet appauvrissement des familles.

« Le temps est venu de faire des choix. Nous devons conserver des allocations familiales de base, tout en aidant avec des allocations supplémentaires les familles qui éprouvent des difficultés structurelles ».

Un emploi extrait de la pauvreté

Les chercheurs de l’université anversoise indiquent également qu’un emploi est la clef pour sortir de la pauvreté. Ils plaident donc en faveur d’une aide accrue à la recherche d’un emploi pour les personnes qui vivent dans l’indigence et celles qui reçoivent un revenu d’intégration.

Les familles pauvres doivent également recevoir d’autres types d’aide, comme un accueil à la petite enfance de qualité et à prix abordable. Ceci présente l’avantage supplémentaire que les enfants sont stimulés dès leur plus jeune âge à un développement personnel, conclut le professeur Danielle Dierckx.