La Belgique a le taux le plus élevé de cancers du sein

L’an dernier, les médecins ont diagnostiqué une tumeur chez pas moins de 188 femmes sur 100.000 en Belgique. C’est un pourcentage plus élevé que dans n’importe quel autre pays au monde, indique le quotidien flamand De Morgen, sur base des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé de l’ONU (OMS) pour 124 pays.

Au total, 10.337 diagnostics d’un cancer du sein ont été posés l’an dernier, et 2.523 femmes sont décédées de la maladie. La Belgique présente des chiffres un peu plus positifs en matière de risque de décès pour les femmes atteintes de cancer du sein, mais notre pays demeure cependant en tête des pays d’Europe occidentale. Et cela malgré un nombre élevé de mammographies réalisées en Belgique.

Ces chiffres élevés suscitent de l'inquiétude, commente le cancérologue Jacques De Grève (Hôpital universitaire de Bruxelles). "Mais il faudra beaucoup d'efforts pour les faire baisser. Dans 15 à 25% des cas, il s'agit de cancers du sein héréditaires. Pour le reste, nous n'en connaissons pas la cause." On sait moins que les hommes aussi peuvent développer un cancer du sein, mais c’est nettement moins courant.

Le nombre élevé de cas provient notamment d’une alimentation trop grasse et des thérapies aux hormones, controversées, souvent prescrites il y a 10 à 20 ans aux femmes pendant la ménopause.

On sait aussi que les poitrines des femmes contiennent plusieurs agents cancérigènes. Des indications claires prouvent également que la pollution atmosphérique a un impact sur le développement des tumeurs. Les experts pointent ainsi du doigt les émissions polluantes des voitures au diesel.

"Il est irresponsable qu'un produit nuisible comme le diesel soit meilleur marché que l'essence", ajoute le gynécologue Hendrik Cammu (Université Libre néerlandophone de Bruxelles). "C'est en contradiction avec notre politique de santé."

Il faudra néanmoins plusieurs dizaines d’années avant qu’une éventuelle amélioration des conditions atmosphériques ne porte ses fruits en matière de santé. D’ici là, les femmes en Belgique courront encore davantage de risques de développer un cancer du sein que dans n’importe quel autre pays au monde.