"A chaque incident à Bruxelles, le débat dérape"

"C’est très frustrant d’être chaque fois obligée de défendre toute une ville lorsqu’intervient un incident à Bruxelles," a déclaré, mercredi à la VRT, Ans Persoons (SP.A) l’Echevine des Affaires néerlandophones à la Ville de Bruxelles. Elle estime que lors de chaque débat sur Bruxelles, il manque cruellement de nuances.

La nuit précédant le réveillon du Nouvel An, un jeune homme de 24 ans s’est fait tirer dessus alors qu’il circulait à vélo dans le bas de la chaussée de Ninove, près du canal à Molenbeek-Saint-Jean.

Frederika Del Nero animatrice de l’émission Nightcall de Studio Brussel et colocataire du jeune homme a publié une carte blanche dans De Morgen (traduite dans Le Soir). Ensuite le débat a été lancé avec notamment les déclarations du journaliste de la VRT Riadh Bahri. Pour de nombreuses personnes interrogées sur les plateaux de télévisions Bruxelles apparaît comme une ville invivable alors que de nombreux Bruxellois se sentent rejetés.

Ans Persoons est surtout choquée par le manque de nuance dans ce débat. "Lorsque quelque chose arrive à Bruxelles, le débat déraille presque immédiatement. Nous ne sommes tout de même pas une bande de masochistes. Tous ceux qui aiment Bruxelles se rendent très bien compte de ce qui ne va pas et voient les problèmes mais se rendent compte aussi que ce n’est pas si simple à résoudre".

Et l'échevine d'ajouter: "Je ne dis pas que des portefeuilles ne sont pas volés et que des parebrises de voitures ne sont pas brisés, nous en avons beaucoup trop, mais la violence qui s’est exprimée à la Porte de Ninove, la semaine dernière, reste heureusement exceptionnelle même dans une grande ville comme Bruxelles".

"Chaque problème d’insécurité est un problème de trop, mais Bruxelles n’est pas une ville à risque".

Ce qui la dérange surtout en tant que politicienne bruxelloise c’est d’être toujours obligée de se justifier. "Lorsqu’un incident survient à Bruxelles, vous êtes obligée de défendre toute une ville. Je pense que c’est quelque chose qui frustre de nombreuses personnes. Or, de nombreux petits projets positifs existent mais on n’en parle jamais dans les médias. C’est toujours le même cliché: nous et ceux qui ne sont pas comme nous, à savoir, les personnes d’origine immigrée – alors que nous ne le ressentons pas du tout comme ça".