Des caves bruxelloises de la Gestapo seront classées

Le gouvernement bruxellois a ouvert ce jeudi la procédure de classement de caves dans des maisons situées aux numéros 453 et 347 de l’Avenue Louise, qui ont été utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale par la police secrète allemande. Elles contiennent des témoignages d’opposants au régime nazi, de résistants et de Juifs qui y ont été enfermés.

A l’initiative du ministre-président Rudi Vervoort (photo ci-dessous), le gouvernement bruxellois a décidé ce jeudi de protéger les caves utilisées par la police secrète allemande, dans le sous-sol de deux immeubles de l'Avenue Louise, durant la Seconde Guerre mondiale. Il a donc ouvert la procédure de classement des locaux où la "Geheime Staatspolizei" (Gestapo) a retenu prisonniers des opposants au régime nazi, des résistants, et de très nombreux Juifs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-45) et l'occupation de la Belgique par l'Allemagne, le Bureau central de sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt, en allemand) avait réquisitionné plusieurs bâtiments situés Avenue Louise à Bruxelles. (La photo principale montre le bureau de la Gestapo en septembre 1944). 

Selon Daniel Weyssow - chargé de projet pour l’association Mémoire d’Auschwitz et très concerné par l’absence jusqu’ici de recensement et de protection des témoignages dans les caves des deux immeubles en question -, les objectifs de la Gestapo consistaient essentiellement à arrêter les résistants et opposants politiques, et à déporter les Juifs et les Tsiganes vers les camps de la mort. De nombreux récits témoignent de ce qui se déroula dans les immeubles occupés à l’Avenue Louise, aussi bien aux étages que dans les caves.

Ces caves renferment encore toujours des témoignages de la terreur subie par les personnes emprisonnées, sous la forme de graffitis, de gravures de fortune, ou de dessins au crayon gris. Cette mémoire était laissée jusqu’à présent aux soins des propriétaires et locataires des deux immeubles de l’Avenue Louise.

Le ministre-président Vervoort veut maintenant les préserver à tout prix, en les faisant entrer dans le patrimoine bruxellois. L’ouverture de la procédure de classement engendre l’application directe des règles en vigueur pour la protection du patrimoine.

"Ces caves comportent des traces d'une période de l'Histoire que nous ne pouvons absolument pas laisser disparaître, qu'il faut impérativement sauvegarder. J'estime qu'il est de notre devoir de mémoire de préserver et de protéger ce témoignage pour les générations futures", a commenté Rudi Vervoort à l'issue de la réunion du gouvernement bruxellois.