Les friteries deviennent héritage culturel immatériel

Le gouvernement flamand a décidé ce vendredi d’inclure le phénomène culinaire belge des baraques à frites dans l'héritage culturel immatériel de la Région. Selon la ministre flamande de la Culture, Joke Schauvliege (CD&V), "cette labellisation sauvegardera la tradition et les connaissances belges sur les frites".

"Les friteries ont besoin d'une plus grande valorisation", a commenté pour sa part le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V). Le gouvernement flamand a décidé ce vendredi de reconnaître le phénomène culinaire belge des friteries comme partie intégrante de l'héritage culturel immatériel.

Une démarche menée par les gérants de friteries n’y a pas été étrangère. Pour obtenir une reconnaissance, l’association professionnelle nationale devait réaliser un dossier convainquant. Les membres de cette association se sont rendus au cabinet de la ministre de la Culturel Schauvliege avec 20.000 signatures et une friterie mobile (photo principale).

"Les friteries ont longtemps été tellement banales qu'aucune attention ne leur était portée", note Bernard Lefèvre, président de l'association professionnelle Navefri. "Ce n'est que grâce à l'intérêt des visiteurs étrangers que nous avons pu les valoriser. Nous devons à présent nous assurer qu'elles continuent à exister".

Selon ces professionnels, les friteries font en effet autant partie de la culture belge que les pêcheurs traditionnels de crevettes à cheval ou la bière.

Mais leur motivation est aussi commerciale. Toute reconnaissance de produits ou secteurs particuliers comme partie intégrante d'une culture locale génère en effet traditionnellement une hausse du chiffre des ventes. Ainsi, depuis que la tarte au maton - spécialité de la région de Grammont - est une pâtisserie du terroir protégée par l’Unesco, sa vente a augmenté de 35%.