Koen Geens demande à Dexia de revoir les rémunérations

Le ministre des Finances Koen Geens (CD&V, photo) va demander au comité de rémunération de la banque franco-belge Dexia de reconsidérer sa politique envers les membres du comité de direction. Le ministre français de l’Economie, Pierre Moscovici, a aussi jugé inappropriées les augmentations de salaire de 30% pour trois dirigeants du Holding Dexia.

Le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici (photo), a jugé ce mercredi matin "inappropriées" les augmentations de salaire de 30%, ou 450.000 euros par an, pour trois dirigeants du Holding Dexia. Les gouvernements français et belge se sont entretenus à ce sujet.

Mardi, devant les membres de la commission des Finances de la Chambre, le ministre des Finances Koen Geens avait encore demandé de la compréhension devant les difficultés à gérer la banque franco-belge Dexia et à trouver des personnes pour diriger un groupe voué à s'éteindre dans un contexte très concurrentiel.

Mais ce mercredi, à la suite d’un entretien avec Karel De Boeck, le CEO de Dexia, et en concertation avec son collègue français Moscovici, le ministre Geens a indiqué qu’il allait demander au comité de rémunération de Dexia de reconsidérer la politique de rémunération des membres du comité de direction.

"Cet exercice doit tenir compte d'un sentiment éthique justifié dans la société, des règles plus strictes dans la nouvelle loi bancaire en matière de politique de rémunération des banques qui ont bénéficié d'un soutien exceptionnel des pouvoirs publics, et de la nécessité du besoin en talents courageux pour limiter au maximum pour la communauté les pertes dans la banque résiduelle", souligne le ministre des Finances dans un bref communiqué.

Dexia tente de justifier les augmentations

Trois dirigeants de Dexia ont vu leur salaire augmenter de 30% au 1er janvier dernier, passant ainsi à 450.000 euros par an, a révélé le Journal du Dimanche.

La banque a tenté de justifier ces augmentations spectaculaires par le fait que le démantèlement d'un établissement était "un métier complexe qui demande des compétences pointues et des professionnels expérimentés". Une porte-parole a fait valoir que "les décisions prises par le conseil d'administration et annoncées le 13 décembre 2013 sont en ligne avec les pratiques de marché et conformes aux législations en vigueur".

Dexia est détenue à 44% par la France et à 50% par la Belgique. Sauvé de la faillite par les États belge et français à l'automne 2008, le groupe Dexia a été durement frappé par la crise de la dette, ce qui a rendu nécessaire un second sauvetage en octobre 2011.

Selon la Cour des comptes, les déboires de la banque ont coûté 6,6 milliards d'euros à la France.