Un petit Flamand sur trois est d'origine étrangère

1.114.792 personnes qui vivent en Flandre ont une origine étrangère, soit près de 17,5% de la population. Chez les enfants de moins de cinq ans, la proportion est d’un enfant sur trois. C'est ce qui ressort du récent Monitoring d'intégration et d'éducation civique du gouvernement flamand. Ce dernier prend en compte pour la première fois les immigrés de la deuxième génération.
Don Hammond / Design Pics Inc.

Les immigrés de la deuxième génération qui vivent en Flandre possèdent la nationalité belge, mais leurs parents ont émigré en Belgique et étaient des étrangers.  Jusqu'à présent ils n'étaient pas repris dans les statistiques.

"C'est pourtant un élément très important pour définir la politique à mener. Les immigrés de la deuxième génération accusent des retards en matière de niveau de vie, d'enseignement, d'emploi et de logement," a expliqué, ce lundi matin dans "De ochtend" (VRT), le ministre flamand en charge de l'intégration Geert Bourgeois (N-VA).

Ces chiffres ne sont pas bons. " Le taux de pauvreté est 3,8 fois plus élevé que dans la population autochtone. Le taux d'emploi n'est que de 44%. Le niveau d'enseignement et d'éducation n'est pas bon non plus. Ce qui est dramatique", ajoute le ministre. "Cela a des conséquences sur la deuxième génération aussi : un taux d'échec scolaire élevé, peu de diplômés et au total un énorme retard".

Le ministre Geert Bourgeois souligne que le nombre de personnes d'origine étrangère va encore augmenter. "Dans la catégorie d'âge de 0 à 5, il s'agit déjà d'un tiers de la population. La diversité va donc augmenter dans le futur".

Un des éléments qui est pris en compte c'est l'usage du néerlandais comme langue parlée à la maison. Les chiffres révèlent ainsi qu'à Gand, un tiers des habitants ne parle pas le néerlandais à la maison. A Anvers, 41% des enfants de moins de 5 ans ne parlent pas le néerlandais à la maison.

Geert Bourgeois insiste sur l'importance de la connaissance des langues et en particulier du néerlandais. "Nous constatons un énorme retard scolaire jusque dans la deuxième génération. C'est dramatique, Il faut agir".

Grâce à ce monitoring d'intégration, les 308 villes et communes flamands peuvent avoir un bien meilleur aperçu de la situation des habitants d'origine étrangère vivant dans leur commune.

Près de la moitié des personnes recensées sont originaires d'un pays de l'Union européenne, dont une majorité des pays voisins. Quinze pour cent proviennent du Maghreb et 10% d'un pays candidat à l'Union, dont la Turquie.

Le monitoring local fourni les statistiques par ville et commune.  "L'intégration doit se faire à l'échelle locale. Cela n'est possible que si les communes détiennent des chiffres objectifs ce qui est la cas à présent", a déclaré Geert Bourgeois.

Le ministre pense que certains bourgmestres seront effrayés par ces chiffres. Genk par exemple, est la seule ville flamande où des personnes d'origine étrangère constituent la majorité (54%) de la population. A Maasmechelen, elles représentent 44%,  à Vilvorde, 43% et à Anvers, 42%.

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