Les déficits mettent les CPAS sous pression

La dotation des communes à leurs centres publics d’aide sociale a augmenté de 4 à 6% par an sous la dernière législature. Mais les dépenses liées notamment aux maisons de repos et aux pensions des agents statutaires augmentent sans cesse. C’est ce que révèle une étude de la banque Belfius, consultée par les quotidiens De Tijd et L’Echo.

L’an dernier, la dotation des communes à leur centre public d’aide sociale a augmenté en moyenne de 4,5% - ce qui représente environ 165 euros par habitant. L’étude de la banque Belfius indique cependant que les villes de plus de 100.000 habitants consacrent 521 euros par personne au financement de leur CPAS et de leur zone de police, contre à peine 170 euros dans les entités de moins de 10.000 habitants.

Bien que les CPAS affichent tous un budget en équilibre, celui-ci est factice, indique l’étude, puisque la dotation communale doit légalement combler le déficit. Sans cette dotation, qui a augmenté de 4,2% par an sous la dernière législature, les CPAS accuseraient un déficit de 130 euros par habitant en Wallonie, 240 euros par citoyen à Bruxelles et 165 euros par habitant en Flandre.

Ces chiffres augmentent d'année en année. Et la tendance ne devrait pas s'inverser rapidement, notamment en raison de la croissance du nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration sociale. Les CPAS versent en effet ce revenu aux personnes qui y ont droit, mais l'Etat ne leur rembourse les sommes qu'à concurrence de 69% en moyenne, à charge des CPAS et communes de combler la différence.

Le vieillissement de la population coûte cher

Les charges de pension pèsent également lourdement sur les perspectives financières des CPAS et zones de police. Elles se sont traduites en 2013 par une augmentation des coûts de personnel de 4 à 4,3%.

D’autre part, les centres publics d’aide sociale constatent que leurs tâches s’alourdissent avec le vieillissement de la population. Les CPAS qui gèrent une maison de repos voient ainsi maintenant leurs coûts monter à 678 euros par habitant - contre 267 euros par citoyen pour les CPAS qui n’exploitent pas de maison de repos.