Les policiers en formation visitent la Caserne Dossin

Dès avril prochain, tous les inspecteurs de la police fédérale et locale en formation iront visiter le musée et le lieu de mémoire de l’Holocauste, à Malines (province anversoise). A la Caserne Dossin (photo principale), ces agents pourront voir comment mieux réagir lorsque les droits de l’Homme sont menacés.

Un accord de coopération est intervenu lundi soir entre la police fédérale et le Musée juif de la Déportation et de la Résistance (Caserne Dossin) à Malines. Le but est d’envoyer chaque année entre 200 et 500 policiers en formation au musée (photo). A terme, les 45.000 agents de la police locale et fédérale qui sont déjà en service devraient aussi avoir la possibilité de suivre ce cours à la caserne Dossin.

Chaque agent en formation y recevra une série de cours, comprenant un groupe de travail de deux heures et une visite du musée. "Nous constatons que de nombreux corps de police ont déjà visité le musée, mais nous voulons leur apporter une plus-value", explique Sara Verhaert, responsable presse pour la Caserne Dossin.

"Dix-huit agents francophones et 18 agents néerlandophones ont été formés par nous, afin qu’ils entraînent leurs collègues. Nous étudions ensemble les actions menées par la police dans les années 1940-45 et examinons comment les policiers devraient aborder ces situations aujourd'hui."

La formation se concentre sur la reconnaissance des mécanismes qui constituent une menace pour les droits de l'Homme. "Les policiers ont une tâche particulière à remplir dans la société", explique Catherine De Bolle, commissaire-générale à la police fédérale (photo). "En faisant participer nos policiers à ce projet éducatif nous voulons nous éloigner des cours classiques "droits de l'Homme et déontologie" et permettre à nos agents d'apprendre de manière pratique comment réagir dans des situations difficiles du point de vue éthique, où ils apprennent à faire des choix sur base de scénarios réalistes."

Le camp de transit de l'ancienne caserne "Lieutenant-Général Dossin de Saint-Georges" à Malines fut ouvert par les Allemands le 27 juillet 1942 pour concentrer les Juifs de Belgique, en vue de leur déportation vers les camps de la mort, comme celui d’Auschwitz. Quelque 25.484 Juifs et 352 tziganes ont ainsi été déportés depuis Malines pendant la Seconde Guerre mondiale.