Bulgares et Roumains se pressent à Gand et Anvers

Au cours des trois premières semaines de 2014, les services à la Migration de ces deux villes flamandes ont vu un nombre plus élevé de ressortissants roumains et bulgares introduire une demande de séjour de longue durée que pendant toute l’année 2013. Depuis le 1er janvier dernier, les Bulgares et Roumains sont en effet libres de venir travailler dans n’importe quel pays de l’Union européenne, au nom du principe de la libre circulation des travailleurs.

Depuis le 1er janvier dernier, 99 Bulgares et 13 Roumains ont introduit une demande de permis de séjour de longue durée au guichet à la Migration dans la ville de Gand (Flandre orientale). L’an dernier pendant cette même période, il n’y avait eu que 41 Bulgares et 3 Roumains qui avaient introduit une demande semblable. Anvers a également vu un nombre accru de demandes émanant de ressortissants de ces pays de l’Europe de l’est.

L’échevine gantoise à la Population, Sofie Bracke (Open VLD, photo), souligne cependant qu’il n’est pas encore clair si ces demandes de permis de séjour prolongé émanent de Bulgares et Roumains qui viennent d’arriver à Gand ou qui y résidaient déjà depuis quelques temps, mais sous un autre statut. Cette nuance ne sera visible que d’ici 3 ou 4 mois. Elle ne veut pas non plus encore parler de "ruée", mais elle suivra les chiffres afin de pouvoir constater l’impact réel de l’ouverture du marché du travail belge sur l’immigration.

On constate d’autre part un changement dans le type de statuts sous lesquels les Bulgares et Roumains se sont fait inscrire en janvier. Près de 40% d’entre eux se présentent comme travailleurs (contre 23% en janvier 2013), 35% comme demandeurs d’emploi (ce qui n’est possible que depuis le 1er janvier 2014), 21% viennent dans le cadre d’un regroupement familial (contre 44% l’an dernier) et seulement 5% se présentent comme indépendants (contre 33% en 2013).

"Ces chiffres démontrent clairement que l’ouverture du marché du travail a une grande influence sur le statut pour lequel opte les gens", indique Sofie Bracke. "Alors que l’an dernier seuls 23% d’entre eux optaient pour un statut de travailleur, ils sont maintenant trois quarts à prendre le statut de travailleur ou demandeur d’emploi". L’échevine note que pour beaucoup des candidats il ne sera pas facile d’obtenir un permis de séjour de longue durée alors qu’ils sont à la recherche d’un travail, étant donné la situation actuelle du marché de l’emploi à Gand.

Les Bulgares et Roumains qui se présentent comme demandeurs d’emploi doivent pouvoir prouver assez rapidement qu’ils ont de réelles chances de trouver du travail. C’est l’Office des étrangers qui contrôle et évalue les dossiers. Les Bulgares et Roumains qui s’inscrivent comme travailleurs doivent pouvoir présenter un contrat de travail endéans les trois mois de leur arrivée à Gand.

"Une augmentation de 30%"

A Anvers également, le nombre de demandes de permis de séjour de longue durée émanant de Bulgares et Roumains a augmenté, indique le quotidien De Standaard. « Il s’agit d’une augmentation de 30% », précise l’échevine aux Affaires sociales Liesbeth Homans (N-VA).

Pendant les 3 premières semaines de cette année, 56 Bulgares et 51 Roumains ont introduit une demande à Anvers, contre 42 Bulgares et 40 Roumains à la même époque l’an dernier.