Infections bactériennes : avancée de chercheurs belges

Des chercheurs de l’Institut flamand de biotechnologie, travaillant à l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB), ont identifié un composant chimique qui pourrait constituer un médicament potentiel contre les infections bactériennes, plus particulièrement les infections urinaires. Contrairement aux antibiotiques traditionnels, ce médicament potentiel ne détruit pas mais désarme les bactéries pathogènes.

De plus en plus de bactéries développent des résistances aux antibiotiques, ce qui est devenu l’un des défis majeurs de la lutte contre les infections bactériennes. Pour Alvin Lo et Han Remaut de l'Institut flamand de biotechnologie (VIB), la nouvelle stratégie qu’ils ont développée a pour avantage que les bonnes bactéries sont épargnées et qu'il existe moins de risque d'apparition et de propagation d'une résistance des bactéries.

De nombreuses bactéries pathogènes se greffent aux cellules avant de les infecter. Le groupe de recherches propose une nouvelle approche dans la lutte contre les infections, qui consiste à éviter cette étape cruciale de l'infection et donc désarmer la bactérie. Dans ce cas précis, les recherches à l’Institut flamand ciblaient l'uropathogène E.coli, présent dans 80% des cas d'infections urinaires.

Afin de ne pas être évacuée par l'urine, la bactérie E.coli s'accroche grâce à sa structure filamenteuse, le "pilus de type 1". Les chercheurs ont étudié des molécules chimiques qui agissent contre ces pili bactériens. Ils ont trouvé un composant, ont exposé l’E.coli à celui-ci et ont remarqué que les bactéries n'étaient plus en mesure de produire des pili. Cette bactérie "nue" ne pouvait dès lors plus se greffer aux cellules.

L’E.coli n'est pas la seule bactérie pathogène qui utilise ce mécanisme pour s'attacher, explique Han Remaut. "Si d'autres recherches montrent que notre molécule est efficace dans la lutte contre les infections urinaires, nous pourrons mettre cette stratégie en place dans la lutte contre d'autres maladies infectieuses, comme l'empoisonnement alimentaire", conclut-il.

L’Institut flamand de biotechnologie (VIB) effectue des études sur le fonctionnement du corps humain, des plantes et de micro-organismes. Il tente avant tout d’utiliser la recherche de base pour des adaptations en médecine et dans l’agriculture.

Il s’agit d’un institut de recherche indépendant, financé par le gouvernement flamand, qui travaille avec 1.300 scientifiques originaires de 60 pays différents. Ces derniers sont actifs, notamment, à la KU Leuven, l’Université d’Anvers, l’Université de Gand et l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB).