Le Caucase, terrain interdit aux journalistes?

A une semaine des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, le service public flamand VRT voulait envoyer une équipe radio dans le Caucase russe pour y réaliser une série de reportages. Il y a deux jours, le consulat a toutefois refusé d’accorder un visa aux reporters, sans motiver sa décision.
AP2013

"Nous devions partir ce matin dans le nord du Caucase, qui se trouve derrière les montagnes de Sotchi", a expliqué la journaliste Elisabeth Lannoo sur les ondes de Radio 1.

"La région est très agitée. Elle connait de nombreux attentats terroristes perpétrés par des opposants au régime russe. Nous avions prévu d’aller au Dagestan, où se trouvent des opposants islamistes. Nous voulions aussi faire un reportage sur les anciens sanatoriums, et sur les Tcherkesses, une population locale qui a mené une guerre contre les Russes au 19e siècle et qui veut profiter des JO pour attirer l’attention sur leur histoire", souligne la reporter. "Dans la région, il y a aussi des réfugiés syriens".

"Nous aurions aimé traité tous ces sujets, mais mercredi, le consulat russe nous a indiqué qu’on ne pouvait pas voyager dans le nord du Caucase, sans avancer de raisons à cette décision". L’équipe avait introduit une demande de visa il y a quelques semaines, une procédure longue et compliquée. Elle avait été avertie par message qu’elle pourrait partir le 30 janvier. "Soudainement, on nous a dit qu’on pouvait uniquement se rendre à Sotchi, et qu’on ne pouvait pas réaliser de reportages dans le Caucase".

Le consulat n’a pas motivé cette décision. La journaliste tente de comprendre : "Les règles ont-elles changé ? La région est-elle trop dangereuse ? Ou n’étaient-ils pas d’accord avec nos projets ? Tout cela est très peu transparent", constate-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que des journalistes se voient refuser l’accès à la Russie. Depuis son voyage dans le Nord Caucase, le journaliste néerlandais Arnold van Bruggen n’a plus du tout le droit d’entrer dans le pays. Les associations internationales de journalistes ont enregistré de nombreux cas similaires. Elles parlent d’une véritable tendance dans un pays où la répression des médias ne cesse de s’aggraver.