Bloed, Bodem, Eer en Trouw jugé terroriste

Le tribunal correctionnel de Termonde a épinglé des faits particulièrement graves commis par le groupuscule d’extrême-droite, qui avaient pour but de déstabiliser l’ordre national. Douze membres de la bande BBET, dont les activités ont été stoppées en septembre 2006, reçoivent jusqu’à 5 ans de prison.

Dans le procès des membres du groupuscule d'extrême-droite Bloed, Bodem, Eer en Trouw (BBET), le tribunal correctionnel de Termonde a condamné ce vendredi dix-huit prévenus, dont douze pour appartenance à un groupe terroriste et quatorze pour racisme et négationnisme. Le chef principal de la bande, Thomas Boutens, écope d'une peine de cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et d'une amende de 8.250 euros.

Il a été condamné également à deux peines de six mois de prison pour des faits de coups et blessures et pour la vente d'anabolisants. Trois autres leaders ont été condamnés à des peines allant de quinze mois à trois ans de prison ferme, et à des amendes.

Dix autres prévenus ont été condamnés à des peines de six mois à trois ans de prison, avec un sursis total ou partiel, et à des amendes jusqu'à 5.550 euros. Quatre prévenus, condamnés pour port illicite d'arme et coups et blessures, ont bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité. Le dernier prévenu a été acquitté. Onze condamnés sont également privés de leurs droits civils durant cinq ans.

"Volonté de déstabiliser l’ordre national"

Dans son jugement, le tribunal a épinglé des "faits particulièrement graves", qui avaient pour objectif notamment de déstabiliser l'ordre national. La justice avait mis un terme aux activités de la bande en septembre 2006, après la saisie de centaines d'armes lors de perquisitions menées dans des casernes, notamment à Bourg-Léopold et à Kleine Brogel, ainsi qu'à 18 adresses privées.

Le tribunal explique que les membres du groupe étaient préparés sur le plan idéologique au cours de réunions où étaient prononcés des discours prônant la violence, et étaient formés lors d'exercices de tirs et de combats. Le tribunal est convaincu que les leaders et autres membres du groupe avaient l'intention "de frapper (la démocratie) au cœur". Il a également tenu compte dans son jugement que les actions concrètes devaient être menées à relativement court terme, vu l'arsenal découvert à l'époque.

Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (photo) a estimé que "la condamnation par le tribunal prouve, une fois encore, que l'actuelle loi 'antiracisme' offre suffisamment de possibilités pour agir contre ce type d'organisation qui relève du racisme organisé ». Le Centre, qui s'était constitué partie civile dans ce procès, a obtenu un euro à titre de dommage moral, contrairement à Dyab Abu Jahjah, l'ancien dirigeant de la Ligue arabe européenne (AEL), dont la demande a été déclarée non fondée. Ce dernier s'était constitué partie civile après avoir appris que le BBET aurait planifié de le tuer.

Le chef de file du parti d’extrême-droite Vlaams Belang, Filip Dewinter, avait également été cité comme cible potentielle. Le BBET avait pour but de déstabiliser l'ordre national et susciter la confrontation entre différents ennemis afin d'apeurer la population, a estimé le tribunal de Termonde. Pour les quatre prévenus qui ont bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité, le tribunal a jugé que le délai raisonnable avait été dépassé.