L’euthanasie pour les mineurs débattue à la Chambre

La Chambre a entamé ce jeudi en séance plénière le débat sur le projet de loi qui étend la loi de 2002 sur l’euthanasie aux mineurs d’âge qui sont en état d’exprimer leur volonté. Un vote est prévu ce jeudi encore. Les fractions ont demandé à leurs membres de voter en leur âme et conscience, plutôt que de suivre la ligne du parti.

Le débat sur ce sujet extrêmement sensible - qui suscite aussi l’interrogation à l’étranger - a déjà été houleux. Les détracteurs dénoncent, notamment, un texte qu'ils estiment mal rédigé et source d'insécurité juridique. "Notre conclusion était et demeure: ce projet n'est pas prêt à être voté. Le texte doit être adapté et précisé", a souligné Sonja Becq (CD&V).

Les chrétiens-démocrates ont déploré l'attitude de la majorité de circonstance qui s'est constituée pour soutenir le texte et n'a pas voulu procéder à de nouvelles auditions en Commission de la Chambre ou demander l'avis du Conseil d'Etat. La N-VA a été la cible de leurs critiques. Son chef de groupe, Jan Jambon, a regretté que le débat s’abaisse à de "petits jeux politiques".

A l'instar des chrétiens démocrates flamands, le CDH francophone se demande où réside la nécessité d'un tel texte qui, selon Christian Brotcorne, "n'est pas réclamé à cor et à cri comme une nécessité par le corps médical".

Initiateur du texte avec les socialistes flamands et les libéraux, le PS a voulu rappeler le fondement de la loi en discussion: il ne s'agit pas de tuer une personne, mais de la libérer de ses souffrances. "Le droit d'aborder la vie et la mort ne peut être réservé aux adultes", a expliqué pour sa part Daniel Bacquelaine (MR), défenseur du projet.

Le chef de groupe a énuméré les conditions de la loi: situation médicale sans issue, souffrance insupportable, décès à brève échéance, notamment. "L'euthanasie reste interdite si ces conditions ne sont pas rencontrées".

Même son de cloche chez Ecolo, qui a exprimé sa satisfaction devant "l'adoption d'une législation" qui "va clarifier une situation", selon Juliette Boulet. La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (photo), a souligné que le projet de loi crée un cadre légal permettant aux mineurs d’âge de demander une assistance pour mourir. Jusqu’à 15 ans, ces enfants ont besoin de l’accord de leurs parents, alors qu’entre 16 et 17 ans les parents doivent être impliqués dans le processus de décision.

Traditionnellement, il n'y a pas de discipline de vote dans ce genre de débat à la Chambre. Au sein du MR, d'Ecolo et de la N-VA plusieurs députés voteront contre le texte ou s'abstiendront.