La Chambre dépénalise l’euthanasie pour les mineurs

C’est par 8§ voix contre 44, et 12 abstentions, que les députés fédéraux ont approuvé jeudi soir le projet de loi qui étend aux mineurs d’âge la loi de 2002 sur la dépénalisation de l’euthanasie, sous des conditions strictes. Chacun a voté en son âme et conscience, les partis n’avaient pas imposé de ligne de conduite.

Le vote du projet de loi a été brièvement perturbé, à la Chambre, par quelqu’un qui avait pris place dans la tribune du public et qui a crié « assassins ». Il a ensuite été expulsé de la salle.

Le texte a reçu le soutien des socialistes, des libéraux, des écologistes et de la N-VA. Quelques députés du MR, d’Ecolo et de la N-VA ont toutefois voté différemment du reste de leur groupe. Les membres du FDF se sont abstenus. Comme annoncé, le CDH et le CD&V démocrates-chrétiens ont voté contre le texte, de même que le Vlaams Belang.

Avant le vote de ce texte - qui fait de la Belgique le deuxième pays après les Pays-Bas à dépénaliser l'euthanasie pour les mineurs, sous certaines conditions strictes -, douze députés ont encore pris la parole pour justifier leur choix.

Les opposants au texte ont une nouvelle fois dénoncé l'insécurité juridique qu'il faisait naître, d'après eux, et appelé la majorité à bien réfléchir avant d'appuyer sur le bouton vert.

Les partisans de la dépénalisation de l’euthanasie pour les enfants et jeunes de moins de 18 ans ont en revanche insisté sur la liberté de choix qu'ouvrait la loi. Il n'est pas question d'imposer l'euthanasie à qui que ce soit, mais de permettre à chacun de finir ses jours dignement, ont-ils fait remarquer.

Les évêques de Belgique déçus

A la suite de l’approbation par la Chambre du projet de loi, les évêques de Belgique ont réagi et se sont dits déçus. Ils déplorent "l'adoption d'une loi que de nombreux experts considèrent comme inutile et qui comporte de nombreux défauts".

"Le droit de l'enfant à demander sa propre mort est un pas de trop. Il s'agit de la transgression de l'interdit de tuer, qui constitue la base de notre société humaine", regrettent encore les évêques. Ils craignent par ailleurs que "cette nouvelle loi ouvre la porte à une prochaine extension aux personnes handicapées, aux personnes démentes, aux malades mentaux, voire à celles qui sont fatiguées de vivre".