"Le gouvernement condamne la violence excessive en Ukraine"

Lors d’un débat au Parlement sur la situation à Kiev, ce jeudi, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS, photo) a affirmé que le gouvernement fédéral condamne sévèrement l’utilisation injustifiée de violence excessive par les autorités ukrainiennes. Il a également indiqué que la Belgique n’accepterait que les crimes commis dans ce pays d’Europe de l’est restent impunis.

La situation à Kiev a monopolisé le débat au Parlement durant une heure ce jeudi, le Premier ministre Elio Di Rupo énumérant, en réponse aux interpellations d'une dizaine de députés, les pistes actuellement sur la table, à l'heure où les chefs de la diplomatie européenne s'apprêtaient à débattre de la crise ukrainienne.

Elio Di Rupo a ainsi évoqué notamment l'embargo sur les armes et équipements utilisés pour la répression interne, une thématique sur laquelle se sont déjà positionnées les Régions wallonne et flamande, compétentes en la matière. "Des mesures ciblées à l'égard des responsables de violences doivent être envisagées. Je pense par exemple au gel des avoirs financiers sur le territoire de l'Union européenne et au refus de visas pour entrer dans l'Union Européenne", a encore dit le Premier ministre.

Ce dernier a également évoqué les "mécanismes internationaux" qui permettent de peser sur l'Ukraine eu égard à ses engagements internationaux, notamment au Conseil de l'Europe ou à l'OSCE, qui permettent par exemple d'envoyer des observateurs internationaux.

"Pas d’impunité pour ceux qui commettent des crimes"

Quant au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (photo), il s'est déclaré favorable à l'instauration de sanctions ciblées contre des responsables des violences en Ukraine, une mesure qui semble faire l'objet d'un consensus grandissant parmi les pays de l'Union européenne après la cinquantaine de morts enregistrés en trois jours.

"Il n'y aura pas d'impunité pour celles et ceux qui commettent des crimes graves. Et c'est d'ailleurs dans cette logique que l'on doit aller vers des sanctions à l'égard de responsables du régime, des responsables des forces de l'ordre aussi", a affirmé Reynders à son arrivée à la réunion extraordinaire des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.

Selon le chef de la diplomatie belge, deux types de sanctions peuvent être imposées à des responsables ukrainiens: une interdiction de circuler dans l'Union européenne et un gel des avoirs afin de favoriser un véritable dialogue entre le président Viktor Ianoukovitch et l'opposition. "Jusqu'à présent, c'était un dialogue de façade. J'espère que l'on aura des nouvelles un peu plus satisfaisantes sur une véritable médiation", a poursuivi Didier Reynders. "On doit franchir l'étape des sanctions pour faire pression dans le sens du dialogue".