Grève au centre fermé pour jeunes d’Everberg

Le personnel du centre fédéral de détention pour mineurs d’âge, situé en Brabant flamand, a interrompu le travail vendredi matin, pour 24 heures, à la suite d’une agression par plusieurs jeunes qui a fait quatre blessés. Un gardien est à l’hôpital. Le personnel est inquiet pour la sécurité dans cette institution, dont la gestion passera d’ici 3 mois des autorités fédérales aux autorités régionales flamandes.

« Jeudi soir, il y a eu un problème avec un jeune pendant la promenade », expliquait ce vendredi matin à la VRT le délégué du syndicat socialiste Edwin Gelders (photo). « Les éducateurs et le personnel de surveillance ont tenté, en vain, de faire rentrer l’adolescent. Lorsqu’un gardien l’a pris par le bras, il lui a immédiatement donné un coup de poing. Des collègues du gardien ont tenté d’intervenir, mais ils ont à leur tour été assaillis par d’autres jeunes ».

« Ce matin, nous avons eu une entrevue avec la direction, au sujet de mesures préventives, pour éviter que ce genre d’incident ne se reproduise », précisait Frank Serlet du syndicat pour le personnel de la défense. « Etant donné que nous avons reçu peu de réaction à notre requête, le personnel a décidé d’entreprendre une grève de 24 heures - sous le slogan « Ne nous touchez pas » -, afin de faire comprendre aux autorités concernées que la situation ne peut durer ».

Les syndicats réclament en premier lieu qu’une peine suffisante soit appliquée après pareil cas d’agression du personnel. « Quand de jeunes délinquants se comportent de cette manière, la punition reste souvent limitée à une interdiction de promenade pendant une semaine. Ce n’est pas un signal suffisant ».

Ce vendredi, tous les jeunes maintenus dans le centre fermé d’Everberg devaient rester dans leur chambre. La police avait repris la tâche de surveillance des agents de sécurité. L’incident a fait 4 blessés parmi les gardiens, dont un plus grave, qui est à l’hôpital.

"Beaucoup de questions sur la sécurité"

Le centre fédéral fermé « De Grubbe » à Everberg (Brabant flamand) a été créé en mars 2002 comme centre de placement provisoire pour des mineurs d’âge qui ont commis un fait qualifié d’infraction. Il héberge des garçons de 14 à 18 ans, pour une période maximale de 2 mois et 5 jours.

A l’heure actuelle, le centre fermé héberge une quarantaine de jeunes qui ont commis des faits graves. Des agents de sécurité y garantissent le calme et la sécurité, mais dans la foulée de la réforme d’Etat le centre d’Everberg passera d’ici 3 mois d’une gestion fédérale à une gestion flamande. Les agents de sécurité fédéraux y disparaîtront donc. Les éducateurs de la Communauté flamande qui encadrent les jeunes délinquants sont inquiets pour l’avenir et la sécurité sur les lieux.

« En raison de la réforme de l’Etat, le centre fédéral de détention deviendra un centre communautaire flamand », explique l’éducateur Gino Ivens (photo). « Mais une institution communautaire ne peut vraiment pas être comparée à un centre de détention fédéral. Nous travaillons avec beaucoup de gens dans un espace restreint, dans un très vieux bâtiment ».

« Nous nous posons vraiment des questions au sujet de la sécurité. Il y aura une période de transition, mais nous nous demandons ce qui va se passer après, en janvier 2015. Quelles réponses la Flandre va-t-elle apporter pour garantir la sécurité, afin qu’une situation comme celle d’hier ne se reproduise pas ? Nous n’avons pas encore reçu beaucoup de réponses à nos questions », concluait Gino Ivens.