Plus de diplômes mais moins d'emploi pour les femmes

Plus de 50% des femmes âgées de 30 à 34 ans ont un diplôme d’études supérieures en Belgique, contre 37% des hommes de la même tranche d’âge. D’après le rapport 2012 de l’office statistique européen, Eurostat, publié dans le cadre de la Journée internationale des Droits de la Femme, une femme sur deux travaille à mi-temps, contre un homme sur dix.

Selon Eurostat, les femmes sont proportionnellement moins nombreuses que les hommes à quitter prématurément l'enseignement dans l'Union européenne. De la même manière, "une plus forte proportion de jeunes femmes que d'hommes ont un diplôme de fin d'études", note l’officie européen, qui ajoute que certaines professions restent fortement privilégiées par un seul des deux sexes. La Belgique n'échappe pas à la règle.

En ce qui concerne les proportions d'hommes et de femmes ayant en 2012 un diplôme du supérieur en poche, la Belgique montre même un écart plus important que celui des moyennes européennes. Si dans l'UE des 28, 39,9% des femmes âgées de 30 à 34 ans avaient achevé un cycle de l'enseignement supérieur en 2012 contre 31,5% des hommes, elles étaient 50,7% contre 37,1% en Belgique. Les pays offrant l'écart le plus important entre parts d'hommes et de femmes issues du supérieur sont l'Estonie (50,4% des femmes et 28,1% des hommes), la Lettonie et la Slovénie, alors que ces pourcentages sont quasi identiques en Autriche (26,6 - 26%) et au Luxembourg.

Les clichés professionnels semblent également avoir particulièrement la vie dure chez nous. Les femmes ne représentent que 21,4% de l'ensemble des diplômés en ingénierie alors que la moyenne de l'UE est de 26,6%. Dans le domaine des "sciences, mathématiques et informatique", 30,1% des diplômés belges sont des femmes, alors que la moyenne européenne grimpe à 40,8%. Les femmes se tournent traditionnellement davantage vers l'enseignement et les soins aux personnes: "Dans l'UE28 en 2011, 79,1% des diplômés de l'enseignement supérieur dans le domaine de l'enseignement et de la formation, ainsi que 76,0% des diplômés dans le domaine de la santé et du bien-être étaient des femmes", note Eurostat. Quelques pays sont des exceptions. Ainsi, en Croatie, en Italie, au Portugal, en Roumanie et à Malte, la plupart des diplômés en sciences, mathématiques ou informatique sont des femmes. Il n'y a en revanche qu'à Chypre où elles sont majoritaires en ingénierie.

Étonnamment, si le genre féminin semble privilégier, avec succès, le suivi d'études supérieures, les proportions s'inversent quand il s'agit d'avoir un emploi. Sur la population européenne âgée de 15 à 64 ans, "le taux d'emploi des femmes en 2012 était de 58,5%, contre 69,6% pour celui des hommes", indique Eurostat. L'écart le plus impressionnant a été relevé à Malte: taux d'emploi de 44,2% pour les femmes et 73,3% pour les hommes. La Belgique est proche mais légèrement en dessous des moyennes européennes, avec 56,8% des femmes au travail contre 66,9% des hommes. Un écart considérable est noté au niveau des emplois à temps partiel. Chez nous, environ une femme sur deux travaille à temps partiel, contre à peine un homme sur dix.

Enfin, notre pays apparaît comme plutôt bonne élève en matière d'écarts de rémunérations, faisant mieux que la France et les Pays-Bas pour se rapprocher du Luxembourg. La différence entre les gains salariaux horaires bruts moyens des hommes et des femmes, exprimée en pourcentage de la rémunération horaire brute moyenne des hommes salariés, est de 10% en Belgique, pour 16,4% de moyenne européenne.