La pauvreté énergétique touche 750.000 familles

A la suite d’une étude basée sur des chiffres de 2010, le ministère à l’Economie tire la sonnette d’alarme : un ménage belge sur sept se trouve en précarité énergétique. Plus d’un cinquième des personnes en risque de pauvreté éprouvent des difficultés à chauffer suffisamment leur habitation. Par "précarité énergétique", on entend le fait de devoir consacrer plus de 10% de ses revenus à ses dépenses en énergie.

Le phénomène de précarité énergétique découle de trois facteurs: les prix élevés, la qualité médiocre du logement et des équipements, et la faiblesse des revenus, explique Marc Deprez, l'un des auteurs de l'étude.

Les prix à la consommation des produits énergétiques ont progressé de 44% entre 2005 et 2013, même si un ralentissement de leur inflation a été constaté ces dernières années.

Pour ce qui est de la qualité du logement et des équipements, l'étude relève que la consommation moyenne belge pour une habitation par mètre carré dépasse de 70% la moyenne de l'Union européenne. "Dans les grandes villes en particulier, il existe un bâti historique dont les performances se révèlent faibles par rapport aux normes actuelles", soulignent les auteurs de l’étude.

D’autre part, le nombre de personnes ayant droit au tarif social est passé de 158.000 en 2009 à 394.977 en 2013 - ce qui correspond à une hausse de 150%.

En 2013, près de 80.000 clients électricité et 58.000 clients gaz ont été refusés par leur fournisseur pour défaut de paiement. L'étude constate également que la précarité énergétique concerne quatre fois plus de locataires que de propriétaires.