Les élèves à besoins spécifiques dans des écoles normales

Le Parlement flamand a approuvé le "Décret M", qui doit permettre aux enfants qui ont des troubles sensoriels ou d’apprentissage d’être intégrés plus facilement dans l’enseignement régulier. Le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A), qualifie cette approbation de pas important dans la direction d’une éducation inclusive.

Le "Décret M" approuvé par le Parlement flamand part du principe qu’il faut tenter d’intégrer un élève qui souffre de troubles d’apprentissage "dans l’enseignement régulier si possible, sinon dans l’enseignement spécial si nécessaire", explique le ministre flamand Pascal Smet (photo).

Dans la pratique, cela veut dire que les élèves avec des besoins éducatifs spécifiques peuvent s’inscrire dans l’enseignement normal. Les écoles sont sollicitées pour prendre des "mesures d’adaptation raisonnables".

Ces adaptations peuvent comprendre l’acquisition de logiciels spécifiques pour les élèves souffrant de dyslexie ou l’engagement d’un interprète en langue des signes pour les enfants sourds. Ce n’est que lorsque les adaptations nécessaires à un enfant en particulier deviennent "déraisonnables" pour une école normale que cet élève sera dirigé vers l’enseignement spécial.

Concrètement, cela veut dire que des milliers d’élèves pourront dorénavant suivre les cours dans une école normale, plutôt que dans l’enseignement spécial. Les moyens financiers devront donc être redistribués différemment. Pascal Smet souligne que les moyens financiers à disposition ne seront pas réduits, mais pas non plus élargis. « Ils seront tout simplement distribués différemment ».

Le Décret M a été largement critiqué. Les partis de l’opposition en Flandre - Open VLD, Vlaams Belang et Groen - y sont en effet opposés. Ils craignent que le personnel des écoles régulières recevra trop peu de soutien et des moyens insuffisants pour mettre en pratique les mesures prévues par le nouveau Décret.