La qualité de l’air la plus médiocre en 800.000 ans

La quantité de CO2 contenue dans l’air que nous respirons augmente progressivement. Cette semaine, la norme de 400 ppm de dioxyde de carbone (parties par million) a été dépassée. Ce qui a notamment justifié l’alerte SMOG de deux jours. Selon le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, vice-président du groupe de travail II du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, "nous avons atteint le plus haut niveau en 800.000 ans".

« Le CO2 est l’un des principaux gaz à effet de serre d’origine humaine et joue un rôle important dans le réchauffement de la planète », indique Jean-Pascal van Ypersele de Strihou (photo), docteur en Sciences physiques et professeur en Climatologie à l’Université Catholique de Louvain.

« Le fait que nous puissions retourner 800.000 ans en arrière dans le temps pour analyser la qualité de l’air s’explique par le fait que nous pouvons analyser de petites bulles d’air qui sont emprisonnées dans la masse de glace de l’Antarctique », précise le membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

« Avant un million d’années d’ici, les concentrations de CO2 n’ont jamais dépassé 300 ppm. Alors que nous brûlons des combustibles fossiles depuis maintenant environ 100 ans, les valeurs sont montées jusqu’à 400 ppm, et elles devraient encore augmenter ».

D’après le professeur van Ypersele, il est urgent de prendre des mesures. « Si ce scénario perdure, la couche de glace au Groenland fondra s’ici 500 à 1.000 ans. Ce qui fera monter de 6 mètres le niveau des mers. Nous jouons vraiment avec le feu si nous ne prenons pas rapidement des mesures », conclut le climatologue belge.