"Nous devons maintenant passer à des sanctions"

Le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR, photo), a qualifié d’illégal le référendum de dimanche pour le rattachement de la Crimée à la Russie et s’est déclaré favorable à l’imposition d’une première série de sanctions, contre des Russes et des Criméens soupçonnés de menacer la stabilité de l’Ukraine. Les ministres des Affaires Etrangères de l’Union européenne se réunissent ce lundi à Bruxelles et aborderont le sujet.

"Ce référendum est illégal, tant aux yeux de la Constitution et de la loi ukrainiennes que des normes internationales", a déclaré le ministre belge des Affaires Etrangères Didier Reynders depuis l'Arabie saoudite, où il accompagne la mission économique présidée par la princesse Astrid. "Il est difficile d'imaginer un référendum (libre) si vite, avec une présence militaire russe" si importante en Crimée, a souligné Reynders.

Les autorités sécessionnistes sont arrivées au pouvoir à Simféropol, la capitale de la Crimée, après la destitution à Kiev, le 22 février, du président pro-russe Viktor Ianoukovitch et à la faveur d'un coup de force organisé par des civils pro-russes en armes et des milliers de soldats russes.

"Il faut réagir très fermement", en soutenant le gouvernement de transition au pouvoir à Kiev et la transition, en concluant le volet politique de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne - ce qui devrait avoir lieu vendredi, en marge du sommet européen de Bruxelles -, en en accordant des facilités commerciales à l'Ukraine, mais aussi en sanctionnant la Russie, a ajouté le chef de la diplomatie belge.

Didier Reynders a évoqué l'adoption d'une "première liste, peut-être limitée" de noms de responsables jugés impliqués dans l'intervention russe en Crimée, et l'imposition de sanctions comme l'interdiction de visa et le gel de leurs avoirs. Il a aussi évoqué la possibilité de phases "successives" de sanctions, mais dans le but de favoriser "la désescalade" et le "dialogue".

Les ministres des Affaires Etrangères des 28 pays de l'Union européenne devraient décider ce lundi, lors de leur réunion mensuelle à Bruxelles, de sanctionner des responsables russes, sans toutefois frapper à la tête de l'Etat, afin de laisser la porte ouverte au dialogue avec Moscou.

Le président américain Barack Obama (photo) a fait écho aux Européens en évoquant d'éventuelles sanctions supplémentaires contre Moscou, et en avertissant son homologue russe Vladimir Poutine que les Etats-Unis et leurs alliés ne reconnaîtraient "jamais" le référendum sur la Crimée de dimanche.

AP2014