La Belgique condamne la reconnaissance par la Russie de la Crimée

La Belgique a condamné mardi soir à son tour la reconnaissance par la Russie de la Crimée comme un état indépendant ainsi que la signature par le président russe Vladimir Poutine d'un projet de traité visant à annexer cette péninsule du sud de l'Ukraine. Par ailleurs, la diplomatie russe a affirmé que l'UE avait empêché son président du Conseil, Herman Van Rompuy, de se rendre à Moscou pour y apprendre la "vérité" sur l'Ukraine.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a, dans un communiqué, déploré ces décisions prises "malgré les appels répétés de l'Union européenne pour ne pas approfondir la crise en Ukraine et pour garder le dialogue intact entre toutes les parties concernées".

Selon le chef de la diplomatie belge, la Belgique reconnaît le droit à l'autodétermination des peuples.

"Mais le référendum du (dimanche) 16 mars n'a pas été le résultat de négociations préparatoires, il a été organisé sous la pression et dans le hâte et sans consentement du gouvernement de l'Ukraine", a rappelé Didier Reynders.

C'est pourquoi, selon lui, ce référendum organisé en Crimée a unanimement été déclaré inconstitutionnel et illégal par la communauté internationale.

Pour le ministre, il s'agit dès lors d'une "violation manifeste" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Fédération de Russie.

Didier Reynders en a enfin appelé à la raison et s'est dit convaincu que notre objectif (de la communauté internationale) doit rester une solution politique et négociée entre toutes les parties concernées et en plein respect de la souveraineté ukrainienne et du droit international.

Moscou accuse l'UE d'avoir empêché Van Rompuy d'apprendre la "vérité"

La diplomatie russe a affirmé mercredi que l'UE avait empêché son président du Conseil, Herman Van Rompuy, de se rendre à Moscou pour y apprendre la "vérité" sur l'Ukraine, après l'annulation d'une visite qui devait être confidentielle.

"Ils n'ont pas laissé partir le président du Conseil européen. Et en plus c'est son propre camp qui ne l'a pas laissé partir", a écrit le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué.
"Après tout, à quoi bon connaître la vérité, si tout est déjà décidé d'avance?", a-t-il ajouté, estimant que les Occidentaux avaient décidé que la Russie et la Crimée étaient responsables de la crise ukrainienne.

Une source européenne a indiqué mardi qu'une visite prévue mercredi à Moscou avait été annulée parce que les Russes l'avaient rendue publique, alors qu'elle devait rester confidentielle.

"L'UE a décidé de ne pas effectuer cette visite dans ces conditions", a expliqué la source, soulignant que le but était "l'affirmation de notre refus de l'annexion" de la Crimée, mais aussi "des discussions sur la désescalade et la prévention de nouvelles initiatives déstabilisatrices".