15% des Belges vivaient dans l’indigence en 2011

La crise économique persistante aggrave les problèmes actuels de la pauvreté, dont sont victimes en premier lieu les familles monoparentales et les enfants. C’est ce qui ressort de l’édition 2014 de l’Annuaire fédéral de la pauvreté en Belgique, présentée ce jeudi par la Secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la pauvreté, Maggie De Block.

En Belgique, le seuil de pauvreté est fixé à 1.000 euros nets par mois pour les personnes isolées et 2.101 euros nets pour les ménages composés de deux adultes et deux enfants. Selon les derniers chiffres disponibles (ceux de 2011), quelque 15,3% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

On note cependant des disparités significatives entre les Régions: 9,8% de la population en Flandre, 19,2% de la population en Wallonie et 34% des habitants dans la Région de Bruxelles-Capitale vivent dans l’indigence. Les familles monoparentales (38,5%), les personnes sans emploi (37,8%) et les aînés (20,2%) font partie des groupes les plus touchés.

Le risque de pauvreté ou d'exclusion sociale concerne par ailleurs 21% de la population, dont les familles monoparentales constituent un groupe vulnérable en constante augmentation. "Le taux de divorce a quadruplé au cours des trente dernières années et il continue d'augmenter. De nombreuses familles devenues monoparentales tombent ainsi sous le seuil de pauvreté du jour au lendemain", explique l'une des co-auteurs de l'Annuaire fédéral, Isabelle Pannecouke (UGent).

Cette situation affecte "principalement les jeunes mères ayant des difficultés à trouver un emploi. Pour ces femmes généralement moins qualifiées, même les emplois à temps plein suffisent à peine pour se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté et, a fortiori, au sein d'une économie toujours plus précarisée par des emplois précaires. Les mini-jobs en sont la forme la plus récente", précise Pannecouke.

Le pourcentage d’enfants pauvres est le plus élevé

Les enfants restent par ailleurs proportionnellement plus nombreux à être pauvres que le reste de la population (18,7% contre 15,3%). En Wallonie, près d'un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté ou ne dispose pas d'un certain nombre de biens ou de services considérés comme nécessaires, contre un enfant sur dix en Flandre.

L'Annuaire fédéral pointe également un problème de pauvreté émergente chez les indépendants. Selon des données de la période 2008-2010, il ressort qu'environ un ménage sur huit avec un indépendant à titre principal perçoit un revenu inférieur au seuil de pauvreté.

Face à cette situation, la Secrétaire d’Etat Maggie De Block souligne l'importance de la sécurité sociale en Belgique et insiste sur la coopération entre les différentes entités et niveaux de pouvoir dans la lutte contre la pauvreté. Selon De Block, 67% des actions prévues dans le Plan fédéral de lutte contre la pauvreté - lancé en 2012 - ont été mises en œuvre, et 33% sont en cours d'implémentation.