L’Europe et les USA fermes face à la Russie

A l’issue du bref sommet UE - Etats-Unis au Juste Lipse à Bruxelles, ce mercredi midi, le président américain Barack Obama et les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Barroso ont mis la Russie en garde contre un isolement politique dans la crise en Ukraine.

"Si certains pensaient en Russie que nous n'en aurions cure, ils ont clairement mal calculé", a affirmé le président américain Barack Obama lors de la conférence de presse qui a suivi le bref sommet UE - Etats-Unis à Bruxelles.

Barack Obama a réitéré, conjointement avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, la ferme condamnation du référendum de rattachement de la Crimée. "Personne, à part la Russie, ne le prend au sérieux", a déclaré le président américain. Le coup géopolitique russe est "une honte au XXIe siècle", a renchéri Van Rompuy. Les deux rives de l'Atlantique sont prêtes à prendre des sanctions supplémentaires en cas de nouvelle escalade, a affirmé le président du Conseil européen.

Les sanctions ne sont "pas une punition pas une rétaliation", mais "un incitant positif pour cherche une solution diplomatique", a-t-il ajouté. Pour Herman Van Rompuy, il est positif que les ministres russe et ukrainien des Affaires étrangères se soient parlés cette semaine à La Haye, en marge du sommet sur la sécurité nucléaire. Barack Obama aussi veut croire en une solution diplomatique. "Il y a encore une voie pour la désescalade", a-t-il affirmé.

Par ailleurs, alors que le rattachement de la Crimée a suscité des craintes en d'autres endroits situés à l'intersection des sphères européenne et russe, Herman Van Rompuy a affiché son soutien à la Moldavie et à la Géorgie. "Nous nous tenons à leurs côtés". En Géorgie, deux régions sécessionnistes (l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud) ont été reconnues par la Russie en 2008, tandis qu'en Moldavie, la république séparatiste de Transnistrie est également soutenue par Moscou, bien que de façon plus discrète.

Barack Obama a insisté, de son côté, sur la solidarité de l'Otan envers tous ses membres, mais il s'est gardé d'évoquer de nouvelles adhésions. Notant que la crise ukrainienne découlait en partie de craintes russes face à l'extension de l'Alliance atlantique, il a souligné qu'"il n'existait aucun plan immédiat d'adhésion".

Obama aux anti-TTIP : "Attendez de voir le traité"

Le président américain a aussi appelé les opposants au projet d'accord commercial transatlantique (TTIP) entre l’Union européenne et les Etats-Unis à "attendre de voir" le résultat final avant de le critiquer. "Certaines suspicions sont injustifiées", a-t-il estimé.
Interrogé sur les craintes exprimées par des citoyens et ONG, Barack Obama a noté qu'elles étaient "légitimes", mais il a promis de ne signer aucun accord qui détricoterait la protection de l'environnement ou celle des consommateurs. "Je me suis battu tout au long de ma carrière politique pour renforcer la protection des consommateurs et de l'environnement. Je n'ai aucune intention de signer un accord qui les affaiblirait".

"Certaines suspicions sont injustifiées", tandis que d'autres sont fondées sur une conception des accords commerciaux n'ayant plus cours, a affirmé le président américain. "Il ne sert à rien de s'exciter sur des clauses qui n'ont même pas encore été rédigées", a poursuivi Obama.

A ce sujet, Barack Obama a insisté sur l'importance de conclure un accord ne bénéficiant pas seulement aux plus riches et aux grosses entreprises. Il faut "assurer que le commerce aide les gens du milieu, du bas ». Tel sera, à ses yeux, "le test" que devra réussir le projet d'accord, que les négociateurs européens et américains espèrent conclure l'an prochain.