Un discours fort pour inciter au respect mutuel

Le président américain Barack Obama a clôturé sa visite de 22 heures en Belgique par un discours devant 2.000 invités au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Se concentrant surtout sur la crise en Ukraine, il a souligné l’importance du respect de l’intégrité de ce pays et appelé l’Union européenne à aider les USA à y consolider la démocratie. "Ne considérez jamais la liberté et la démocratie comme une évidence", a déclaré Obama aux plus jeunes auditeurs présents dans la grande salle du Bozar.

Quelque 2.000 personnes invitées par l’ambassade des Etats-Unis en Belgique, mais aussi le roi Philippe et la reine Mathilde, plusieurs ministres fédéraux - comme Monica De Coninck et Maggie De Block -, les ministres-présidents wallon, flamand et bruxellois, Rudy Demotte, Kris Peeters et Rudi Vervoort, l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, l'ex-secrétaire général de l'Otan Willy Claes, et le président du Parlement européen Martin Schulz étaient présents ce mercredi en début de soirée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour assister à l’unique discours de Barack Obama pendant sa visite de 4 jours en Europe.

Après avoir remercié les Belges pour leur accueil chaleureux et affirmé avec un large sourire que « Il est facile d’aimer un pays célèbre pour son chocolat et sa bière », Barack Obama a consacré son discours aux relations transatlantiques et aux valeurs partagées sur les deux rives de cet océan - comme les idéaux de liberté, de justice et de démocratie, d’égalité entre hommes et femmes, de tolérance envers tous types de différences.

Rappelant les atrocités des deux guerres mondiales, mais aussi des conflits plus récents dans le monde, le président américain a souligné que le respect de la démocratie et d’autrui nécessite un combat quotidien. Il a insisté une nouvelle fois sur l’importance de permettre au peuple en Ukraine de décider lui-même de son avenir, rappelant que les USA et l’Union européenne ne reconnaissent pas le référendum organisé en Crimée et l’annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne.

"La Russie ne vaincra pas par la force"

Soulignant que les Etats-Unis et l’Union européenne ne veulent pas de nouvelle Guerre froide, ni écraser la Russie, Barack Obama a affirmé avec fermeté que Moscou devait respecter les lois internationales, sous peine de s’isoler progressivement totalement et de se voir imposer des sanctions de plus en plus fortes.

La Russie finira par comprendre qu'elle n'atteindra pas ses objectifs "par la force" en Ukraine, a souligné le président américain. "Avec le temps, le peuple russe se rendra compte" qu'il ne peut pas atteindre ses objectifs "par la force brutale", a affirmé Obama.

En réponse aux inquiétudes exprimées par des pays de l'Est- comme la Pologne et la Lituanie - face à ce renouveau de l'expansionnisme russe, le président américain a assuré que l'Otan ne "vacillera pas. Les pays de l'Otan ne sont jamais seuls".

Le président américain s'est déclaré "confiant" dans le fait que les valeurs de "dignité humaine, de droits de l'Homme et d'Etat de droit triompheront" non seulement en Europe, mais aussi dans d'autres parties du monde. Aux jeunes présents dans la grande salle du Palais des Beaux-Arts, le chef d'Etat américain rappelé que les idéaux de liberté et de prospérité que partagent l'Europe et les Etats-Unis ne doivent jamais être tenus comme définitivement acquis.

Barack Obama a quitté la Belgique en soirée

Le président américain quittait la Belgique vers 19h30, depuis l’aéroport de Zaventem, à bord de l’avion présidentiel Air Force One. Direction Rome, où il sera reçu jeudi au Vatican en audience privée par le pape François, avec lequel il compte parler de leur "engagement commun dans le combat contre la pauvreté et la croissance des inégalités".

Obama rencontrera aussi son homologue italien Giorgio Napolitano et le nouveau Premier ministre Matteo Renzi, avant de conclure sa tournée par un crochet vendredi et samedi en Arabie saoudite - un allié traditionnel des Etats-Unis au Moyen-Orient.