Les gardiens en grève doivent assurer un service minimum

Le Conseil de l’Europe exige de la Belgique qu’un service minimum soit fourni pendant les grèves dans les prisons, rapporte le quotidien De Morgen. Il demande à notre pays de présenter dans 6 mois un plan détaillé à ce sujet. C’est ce qu’indique une lettre adressée au service public fédéral Justice.
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D’après le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants - une institution rattachée au Conseil de l’Europe -, la Belgique viole actuellement les droits des prisonniers en ne garantissant pas de service minimum pendant les actions de grève des gardiens. Le bien-être et la sécurité des détenus sont alors mis en danger.

Le Comité réclame depuis des années un service minimum dans les prisons belges pendant les grèves - comme il existe dans la plupart des autres états membres de l’Union européenne. Lors de grèves des gardiens, ce sont aujourd’hui la police et la Protection civile qui sont appelés en renfort pour assurer la surveillance dans les prisons.

Le quotidien De Morgen affirme que la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), comprend l’exigence du Comité européen. Elle souhaite inclure ce service minimum dans l’accord politique du prochain gouvernement fédéral.

Mais les syndicats ne sont pas d’accord. "Je trouve que cela porte atteinte au droit de grève dans sa totalité. Nous allons nous y opposer. L’Europe doit faire en sorte que nous puissions travailler dans des conditions normales dans les prisons. Quand ce sera le cas, nous pourrons peut-être parler d’autre chose", déclare Gino Hoppe (ACOD). Luc Neyrinck du syndicat chrétien estime aussi que "le service minimum est une atteinte au droit de grève, qui doit primer".

La Belgique ne recevra pas d’amende si elle ne se plie pas aux exigences du Conseil de l’Europe. Mais elle aura droit à un blâme public.