Le président chinois rencontre les autorités européennes

Le président chinois Xi Jinping effectuait lundi matin une visite aux présidents des trois institutions européennes. Après avoir vu Herman Van Rompuy (Conseil européen) et Martin Schulz (Parlement), il était attendu en fin de matinée par José Manuel Barroso (Commission).

La visite du président chinois contraste assez nettement avec celle de son homologue américain Barack Obama la semaine dernière. Les mesures de sécurité impressionnantes déployées pour ce dernier n'étaient plus de mise dans le quartier européen lundi matin.

Aucune conférence de presse n'était par ailleurs prévue, signe des différences de traditions démocratiques entre les deux grandes puissances mondiales. Malgré les protestations des correspondants de la presse étrangère, les dirigeants chinois évitent les journalistes lors de leurs passages à Bruxelles.

Faute de répondre à leurs questions, M. Xi a évoqué, dans une tribune publiée avant sa visite, l'importance des relations sino-européennes, qui "dépassent le cadre bilatéral et prennent de plus en plus une dimension planétaire et stratégique", selon lui.

Si l'Europe est le "premier fournisseur d'aide à l'étranger dans le monde", la Chine est "le premier contributeur de casques bleus parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies", note-t-il. L'Europe est "la première économie du monde avec un PIB de 16.700 milliards de dollars", mais la Chine "contribue à près de 30% à la croissance de l'économie mondiale".

La Chine et l'UE sont en outre les "principaux berceaux et représentants par excellence des cultures orientale et occidentale", souligne encore M. Xi, pour qui l'évolution du contexte international "exige plus de dialogue et d'échanges d'égal à égal".

Parmi les défis de la coopération entre les deux régions, il évoque la question iranienne, le Moyen Orient et l'ouverture des marchés.

Amnesty International dénonce à Bruxelles les atteintes à la liberté d'expression en Chine

Des militants d'Amnesty International ont déroulé lundi des banderoles au-dessus des principaux tunnels de la petite Ceinture de Bruxelles, souhaitant ironiquement la "Bienvenue au grand leader de la République populaire de Chine".

L'organisation interpelle de façon "humoristique" le président Xi Jinping, qui effectue une visite d'Etat de trois jours en Belgique, sur les graves atteintes à la liberté d'expression dans son pays et sur la répression contre le "Mouvement des Nouveaux Citoyens", un réseau de plusieurs milliers de citoyens militant pour les droits des civils en Chine.

"Le président chinois ne souhaitait visiblement pas voir de manifestants sur son parcours et notre demande d'autorisation a donc été rejetée.

Ce qui en soit est déjà préoccupant", déplore Philippe Hensmans, directeur d'Amnesty International Belgique francophone. "Nous avons donc opté pour une approche plus humoristique qui consiste à glorifier les relations entre l'Union européenne et la Chine alors que les Etats européens sont réticents à mettre les droits humains au centre de leur dialogue avec le président Xi Jinping. Mais non sans rappeler certains articles de la Déclaration universelle des droits de l'Homme inscrits en chinois sur les banderoles et demander la libération de l'activiste Xu Zhiyong du Mouvement des Nouveaux Citoyens", ajoute M. Hensmans.