Grande action syndicale contre le dumping social

Une grande manifestation européenne s’est tenue ce vendredi dans les rues de Bruxelles. Des dizaines de milliers de personnes issues de différents syndicats européens ont rejoint le mouvement pour dénoncer le dumping social et proposer "une nouvelle voie pour l'Europe". Le rassemblement a provoqué d’importants embarras de circulation dans la capitale.

A l'arrivée de l'euromanifestation à Bruxelles, 27 représentants de plusieurs syndicats de Belgique, France, Allemagne, Portugal, Espagne, Pologne, République tchèque, Croatie et Slovénie se sont exprimés vendredi dès 13h au sujet des changements qu'ils défendent pour l'Europe.

La secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Ségol, a d'abord estimé que 50.000 militants étaient présents à Bruxelles. Elle a ensuite commencé son discours en rejetant l'austérité. "Nous voulons investir pour l'avenir de l'Europe, pour notre Europe. Avant qu'il ne soit trop tard, l'Europe doit prendre une autre direction", a-t-elle déclaré.

Les organisateurs et syndicats ont défilé entre autres pour réclamer la création de plus d'emplois durables et pour que cesse "la chasse aux chômeurs".

BELGA/LALMAND

"A gauche toute"

La FGTB a de son côté défendu un "virage à gauche pour une Europe sociale". Anne Demelenne, secrétaire générale, s'est fermement opposée aux exclusions du chômage: "On est en train de pénaliser les chômeurs car ils ne trouvent pas un emploi qui n'existe plus. Les travailleurs européens sont mis en concurrence entre eux. Les salaires sont bradés et les conditions de travail deviennent dangereuses. Stop au dumping social en Europe !" Elle a réclamé l'instauration d'un salaire minimum dans tous les pays européens.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale CSC, a pour sa part prévenu qu'au-delà du nombre croissant de chômeurs, c'est une société explosée qui attend les Européens si aucun changement n'est opéré. "Nous devons inverser la vapeur et nous avons une opportunité historique dans deux mois, aux élections européennes, d'envoyer un message clair. Demain, l'Europe doit être au service des citoyens et non l'inverse. Nous devons réaffirmer les valeurs qui sont les nôtres."

"Nous disons stop à cette Europe qui paupérise la population", a enfin clamé Olivier Valentin, secrétaire national CGSLB, avant de passer la parole aux représentants des autres pays européens. "L'austérité est un massacre social. Leur processus de sortie de crise est injuste et inefficace."

"Stop Youthanasia"

Le chômage des jeunes fait également parties des inquiétudes et revendications à l'origine de l'euromanifestation. Les jeunes figurent parmi les principales victimes de la crise économique.

Plusieurs organisations de jeunesse ont d'ailleurs manifesté aux côtés des délégations syndicales. Parmi eux, des jeunes Belges mais aussi des Hongrois ayant fait le déplacement pour l'occasion.

D'autres jeunes ont encore rejoint le cortège, indépendamment de toute organisation. Les slogans de cette jeunesse témoignent de la situation en Europe: "Stop Youthanasia", "les jeunes sont nécessaires" ou encore "L'avenir de la jeunesse est en deuil", ont scandé les participants.

La circulation fortement perturbée

Bruxelles Mobilité a noté d'importants embarras de circulation à Bruxelles en début d'après-midi, principalement sur la Petite Ceinture, en raison de la fermeture des tunnels.

La manifestation a pris "beaucoup de retard et la queue du cortège était encore presque à hauteur de Madou", a souligné vers 14h Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité.

De plus "les manifestants ont endommagé quelques infrastructures sur les voiries de la Petite Ceinture. Cela risque donc de prendre du temps pour nettoyer le tout et rouvrir les axes à la circulation". La situation risque fortement de ne pas être rétablie pour l'heure de pointe.

En début d'après-midi, le tunnel Belliard était toujours fermé en direction de Tervuren et la bande de droite à partir de l'entrée du tunnel est inaccessible. Les tunnels Reyers, Tervuren, Cinquantenaire et Loi ont été fermés en direction du centre. Même constat pour les tunnels Léopold II et Rogier vers le Midi. Le tunnel Arts-Loi a été interdit à la circulation dans les deux directions et les tunnels Porte de Namur et Trône vers la Basilique. Ces fermetures ont entraîné d'importantes files sur la Petite Ceinture.