"Ils ont payé cher leur dévouement et leur générosité"

A l’aéroport militaire de Melsbroek, le Premier ministre Elio Di Rupo a rendu hommage ce dimanche matin aux 22 victimes belges du génocide rwandais de 1994, avant le départ de leurs familles pour Kigali - en compagnie d’une délégation ministérielle belge -, où elles assisteront à une cérémonie de commémoration. Dix Casques bleus qui servaient au sein de la Minuar et 12 civils belges sont décédés pendant le génocide.

Il y a 20 ans, dix Casques bleus belges qui servaient au sein de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (Minuar) et douze civils belges sont décédés pendant le génocide rwandais, qui a également fait en trois mois quelque 800.000 morts - d’après l'ONU -, principalement des membres de la minorité tutsi, mais aussi des Hutu modérés.

Au nom du gouvernement belge, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a exprimé ce dimanche matin sa "profonde solidarité envers les familles des victimes", lors d'un discours prononcé à l'aéroport militaire de Melsbroek. "Ils ont payé très cher leur dévouement et leur générosité", a ajouté le Premier, en soulignant que le gouvernement tenait à perpétuer leur souvenir et leur courage.

Guy Verhofstadt (Open VLD), qui était Premier ministre au moment du génocide rwandais, et le ministre des Affaires Etrangères de l’époque, Louis Michel (MR), ont également assisté à la brève commémoration organisée ce dimanche à Melsbroek (photo).

Les familles des 22 victimes belges du génocide rwandais s'envolaient ensuite pour Kigali, avec la délégation officielle conduite par les ministres des Affaires Etrangères et de la Coopération au développement, Didier Reynders (MR) et Jean-Pascal Labille (PS), pour assister aux cérémonies de commémoration du 20ème anniversaire du génocide.

Elio Di Rupo et le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), participeront de leur côté à la cérémonie de commémoration à l'occasion de la journée d'hommage aux soldats belges morts au service de la paix. Elle se déroulera ce lundi à 11h00, à la tombe du Soldat inconnu à Bruxelles.

"Nous n’allons pas rendre hommage à un président"

Ce dimanche, juste avant son départ pour Kigali, le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (photo d'archives) a défendu la décision du gouvernement belge de maintenir sa visite au Rwanda, alors que la France a décidé samedi d'annuler sa participation aux commémorations du 20ème anniversaire du génocide, après une nouvelle attaque du président rwandais Paul Kagame.

Dans les pages du magazine Jeune Afrique, Kagame a accusé Paris d'avoir "participé" aux massacres de 1994 et reproché à la Belgique d’avoir été impliquée dans les « préparatifs politiques au génocide ».
"Monsieur Kagame ne nous (les Belges) met pas en cause pour la participation à l'exécution du génocide. Je comprends que la réaction en France soit plus dure parce c'est une mise en cause de l'armée française et des militaires français, en prétendant qu'ils ont participé à la mise en œuvre du génocide. La situation est très différente", a commenté le chef de la diplomatie belge en rappelant les démarches menées en Belgique.

"Nous allons accompagner des familles de victimes à Kigali, et l'objectif est de rendre hommage à l'ensemble des victimes du génocide" - qu'elles soient belges ou rwandaises -, a souligné Didier Reynders. "Il ne s'agit pas du tout d'aller rendre hommage à un président ou à son gouvernement ».