Bruxelles et Kigali commémorent le génocide rwandais

Le vingtième anniversaire du début du génocide rwandais a été commémoré lundi à l'ambassade du Rwanda à Bruxelles. A Kigali, une cérémonie s’est tenue en présence de nombreux responsables politiques, et d’une délégation belge menée par le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

A Bruxelles, le vingtième anniversaire du début du génocide rwandais a été commémoré ce matin à l'ambassade du Rwanda.

Entre le 7 avril et le 4 juillet 1994, près de 800.000 personnes ont perdu la vie. Vingt ans plus tard, l'ambassadeur Robert Masozera a expliqué qu'il n'avait toujours pas de mot pour décrire l'horreur. Il a, par la même occasion, salué la capacité du peuple rwandais à rebondir.

"Le génocide a montré qu'il n'y a pas de limites à la cruauté humaine", a déclaré l'ambassadeur rwandais lors de son discours, prononcé dans une tente installée spécialement pour l'occasion dans le jardin de l'ambassade.

Le diplomate chevronné Johan Van Dessel représentait la Belgique à cette cérémonie. L'ancien ambassadeur, notamment au Congo entre 1994 et 1997, a souligné dans son discours l'importance des engagements internationaux afin d'éviter qu'un génocide tel que celui qui s'est déroulé au Rwanda puisse se répéter dans le futur.

La cérémonie s'est terminée par le témoignage touchant d'une femme qui a survécu à l'horreur et par une minute de silence sur le coup de midi.

Parallèlement, la Défense a rendu hommage, lundi à 11 heures, aux 230 soldats belges morts au service de la paix depuis 1945 au monument du Soldat Inconnu à Bruxelles. Il s'agit également cette année de la commémoration des 20 ans de la mort des dix paracommandos belges assassinés à Kigali le 7 avril 1994, date retenue par le gouvernement en 1998 comme "Journée des vétérans".

Après avoir salué les familles présentes, Pieter De Crem a rappelé l'importance du travail de mémoire. Elio Di Rupo a quant à lui évoqué la présence de la délégation belge à Kigali: "Malgré les déclarations du président, nous sommes allés à Kigali pour les familles et les populations, pas pour les autorités rwandaises".

Didier Reynders à Kigali

La commémoration principale du 20ème anniversaire du génocide au Rwanda a débuté lundi en fin de matinée dans le stade Amahoro ("paix") de Kigali par un témoignage de rescapé qui a suscité quelques scènes d'hystérie de la part de femmes qui ont été promptement évacuées par le service d'ordre.

Peu auparavant, le président rwandais Paul Kagame, son épouse et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avaient allumé au mémorial de Gisozi, à l'aide d'une torche ayant sillonné le Rwanda depuis trois mois, une "flamme du deuil", qui brûlera durant 100 jours, marquant la centaine de jours que durèrent les massacres entre avril et juillet 1994.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, représentait la Belgique au mémorial national de Gisozi, qui abrite les dépouilles de quelque 250.000 des 800.000 victimes du génocide.

Lors de son discours, le président rwandais Paul Kagame a fait remonter une partie des responsabilités du génocide de 1994 à la colonisation européenne entamée voici 200 ans, s'en prenant plus particulièrement à la France, que Kigali accuse désormais de participation à l'exécution des massacres.

Pour rappel, la Belgique avait décidé unilatéralement de retirer son contingent de Casques bleus après l'assassinat de dix d'entre eux par des militaires rwandais, le 7 avril 1994. Depuis, et contrairement à la France, notre pays a présenté ses excuses par l’intermédiaire de l’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt.