Le "Plan V" de la N-VA prévoit de grosses économies

Au cours d’une conférence de presse donnée ce vendredi après-midi, le parti nationaliste flamand a chiffré le coût de son programme électoral. La N-VA veut réaliser d’importantes économies, notamment dans le domaine des allocations de chômage. Le parti de Bart De Wever prône l’application de la "norme Moesen" - du nom du spécialiste des finances publiques de la KU Leuven, Wim Moesen - qui préconise un gel nominal des dépenses publiques pendant 2 ans, et veut aussi un gel de la sécurité sociale. Nombre des mesures prévues "récompensent le travail".

Symbolisé par le V de "Verandering Voor Vooruitgang" (changement pour le progrès), le projet de la N-VA présenté ce vendredi par son président Bart De Wever (photo) se veut "porteur d'espoir", "réaliste" et "sincère". Le parti nationaliste affirme vouloir appliquer d’emblée une politique de réparation et réaliser d’importantes économies.

Pour récompenser davantage le travail, la N-VA propose de réformer l’impôt des personnes physiques. La tranche d’imposition de 45% serait ainsi abolie et celle de 40% serait relevée de 35.000 euros. A partir de 2018, les revenus jusqu’à 50.000 euros tomberaient dans la tranche des 40% d’imposition. Ceux qui gagnent davantage se verraient appliquer le tarif plus élevé de 50%.

La prime de travail sociale serait augmentée par le biais d’une baisse des cotisations personnelles des travailleurs sur les salaires les plus bas. Sur le salaire d’intégration, aucune cotisation ne devrait plus être versée. Selon la N-VA, cela représenterait une augmentation salariale nette de 2 à 3% pour tous ceux qui gagnent moins de 3.000 euros bruts par mois.

Le parti nationaliste flamand veut également réduire de 4,5 milliards d’euros les charges pour les entreprises. Il envisage une réduction générale linéaire. Au total, le parti veut réduire le handicap salarial de 5% en 2 ans. Ce qui doit permettre de réduire l’écart avec les salaires pratiqués dans les pays voisins. En outre, la N-VA est d'avis que l'impôt sur les sociétés doit passer à moins de 25%, les niches fiscales étant limitées.

Gel des dépenses et de l’index

Les nationalistes veulent immédiatement appliquer un saut d’index en 2015 pour les salaires (pas pour les allocations ni les pensions). Ce qui veut dire que les salaires ne seront pas adaptés au coût de la vie. L’indexation automatique, telle qu’elle est appliquée à l’heure actuelle, sera donc revue.

Dès 2016, on travaillerait avec un « mécanisme intelligent », qui appliquerait une seule adaptation annuelle.

La N-VA affirme ne pas oublier la sécurité sociale. Vers 2019, les dépenses sociales bénéficieraient de 8,5 milliards d’euros supplémentaires dans le budget pluriannuel du parti (avec 6,9 milliards pour les pensions et 2,1 milliards pour les soins de santé).

La relance économique promue par la N-VA, un projet pour le "changement" de 17 milliards d'euros à l'horizon 2019, au profit de la "classe moyenne" active, des entreprises et des pensionnés, est rendue possible par un gel des dépenses publiques fédérales et quelques impôts indirects. Elle s'inscrit dans une trajectoire budgétaire passant par le retour à l'équilibre en 2018, soit 2 ans plus tard que l'objectif européen.

Dans un souci de promouvoir surtout le travail, le parti nationaliste flamand envisage également de limiter la durée d’octroi d’allocations de chômage à 2 ans maximum, d’obliger les bénéficiaires d’un revenu d’intégration d’effectuer des services à la communauté, de supprimer les allocations d’attente pour jeunes travailleurs et les prépensions, et de limiter les possibilités de crédits-temps.