Flamands et Wallons ne vivent pas sur une autre planète

La VRT propose depuis ce jeudi également le volet "élections fédérales" de son test électoral. Comme pour les volets élections flamandes et bruxelloises, il permet à l’électeur internaute de savoir quel parti représente au mieux ses convictions. Déjà soumis à un échantillon représentatif de 1.000 Flamands et 1.000 Wallons, le "Stemtest" a révélé que malgré leurs différences les citoyens du nord et du sud de la Belgique partagent souvent les mêmes idées. Le dernier volet du test, consacré aux "élections européennes" sera publié samedi sur le site www.deredactie.be.

Le test électoral réalisé par la VRT et le quotidien flamand De Standaard, en collaboration avec l’Université d’Anvers, doit permettre à l’électeur internaute de connaître plus précisément son profil politique et de savoir dès lors quel parti politique représente ou défend au mieux ses convictions. Le tourbillon d’informations livrées par les différents partis à l’approche du triple scrutin du 25 mai ne permet en effet souvent plus aux électeurs d’y voir clair et de faire un choix en connaissance de cause.

Présenté dans un premier temps à un échantillon représentatif de 1.000 Flamands et d’autant de Wallons, le volet "élections fédérales" du Stemtest a permis de constater que, malgré leurs différences, les habitants du nord et du sud de la Belgique sont d’accord sur de nombreux points - notamment dans les domaines de leur bien-être, leur santé, d’une justice sociale ou de la politique d’asile.

Ainsi, à l’affirmation "En temps de crise, les salaires ne peuvent pas être adaptés automatiquement à l’augmentation des prix" - ou en d’autres termes, faut-il maintenir l’indexation automatique des salaires ou pas - 71,4% des Wallons et 61% des Flamands optent pour le maintien de ce système. Les libéraux flamands d’Open VLD et les nationalistes flamands de la N-VA proposent, eux, d’abandonner le système en temps de crise.

L’affirmation "Les personnes recevant un revenu d’intégration sociale doivent pouvoir être obligées d’effectuer des travaux d’intérêt général" remporte l’adhésion de 80,4% des Flamands et de 71,8% des Wallons. Pas de grande différence d’opinion, donc.

Mais les partis francophones et flamands sont par contre clairement divisés sur la question. Chez les francophones, seuls les libéraux du MR soutiennent cette idée, alors que tous les partis flamands défendent cette proposition, sauf les verts de Groen et les socialistes du SP.A.

Pas de trop grandes différences

Tous les partis flamands, sauf le SP.A, estiment qu’en cas de grève à la SNCB un service minimum doit être conservé. Quelque 87% des citoyens flamands sont d’accord, tout comme environ 85% des Wallons - bien que la tolérance envers des actions de grève soit plus grande dans le sud du pays.

On a tendance à penser que le Wallon moyen est plus royaliste que son voisin flamand. Mais à l’affirmation "Les dotations à la famille royale doivent être réduites", les réponses ne différent pas trop : 83,1% des Flamands répondent par l’affirmative, tout comme 74,4% des Wallons.

La majorité des Flamands (80,6%) et des Wallons (74,8%) estiment également que les plus grosses fortunes doivent être davantage imposées. Les partis flamands se montrent par contre moins enthousiastes face à cette mesure : seuls le SP.A et Groen y sont favorables. Du côté francophone, tous les partis sont pour.

Prenons encore l’exemple des voitures de société. Groen est le seul parti flamand qui estime qu’elles doivent être davantage taxées. Pourtant un peu plus d’une moitié des Flamands et des Wallons soutiennent cette idée. Des deux côtés de la frontière linguistique, entre 73 et 79% des citoyens estiment que les dépenses de l’Etat fédéral ne peuvent augmenter ces prochaines années. Seuls le SP .A et Groen sont opposés à cette restriction.

Différences sur des thèmes communautaires

Pour ce qui est des allocations de chômage, les avis différent par contre au nord et au sud du pays. Ainsi, 39,5% des Wallons mais 53,8% des Flamands estiment que les demandeurs d’emploi doivent être privés après un certain temps de leurs allocations. Open VLD et la N-VA y voient un moyen d’économiser dans les dépenses, mais les partis francophones sont tous opposés à pareille mesure.

En matière de sanctions administratives communales (SAC) - ou "GAS-boetes" en Flandre -, les Wallons se montrent plus sévères envers les responsables de petits délits, et notamment les jeunes adolescents. Ainsi, comme le parti Groen, 46,5% des Flamands estiment que l’âge minimum pour recevoir pareille amende ne peut être 14 ans. Seuls 25,9% des Wallons trouvent aussi que l’âge minimum doit être rehaussé.

Les plus grandes différences d’opinion entre Flamands et Wallons se situent dans le domaine communautaire. Tous les partis francophones réclament l’introduction d’une circonscription électorale fédérale (dans laquelle il leur serait possible de voter également pour des candidats flamands), alors que seuls Groen et Open VLD défendent cette idée en Flandre. Et l’opinion publique est également partagée sur ce point : en Wallonie 48,8% des citoyens sont pour une circonscription électorale fédérale et 30,1% contre, alors qu’en Flandre 34% sont pour et 47,7% contre.

La scission complète de la sécurité sociale est défendue par la N-VA et le parti d’extrême-droite Vlaams Belang. Un tiers des Flamands sont pour, un autre tiers contre, et le dernier tiers n’a pas d’avis. La situation est différente en Wallonie, où 58,3% des habitants sont opposés à cette scission et seulement 16,4% en faveur.

Même sévérité face aux demandeurs d’asile

Quelques résultats inattendus pour terminer. Tant en Flandre qu’en Wallonie, un peu plus de 50% de la population estime que les centrales nucléaires doivent rester ouvertes. La légalisation du cannabis est par contre rejetée par la majorité : plus de 54% de l’ensemble de la population belge, au nord comme au sud, voudrait une interdiction totale de cette drogue.

Et puis les Wallons sont presque aussi sévères que les Flamands envers les demandeurs d’asile. Quelque 58% des francophones et 62,4% des néerlandophones estiment qu’un demandeur d’asile qui est arrivé en Belgique quand il était mineur d’âge peut encore être renvoyé dans son pays.

Enfin, quand il est question de permettre à des immigrés originaires de pays non-européens de travailler en Belgique pour remédier à la pénurie de main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs, 64% des Flamands et 77% des Wallons y sont opposés.

Faites vous aussi le test électoral

Cliquez sur le lien suivant: http://stemtest2014.deredactie.be/?v=2404201414

Ce test est rédigé en néerlandais.