Une lettre choque les victimes de la catastrophe de Buizingen

Des victimes et des survivants de la catastrophe ferroviaire de Buizingen en février 2010 ont reçu une lettre du parquet les informant qu’ils devraient attendre six mois avant de pouvoir à nouveau poser des question sur l’enquête. "C’est inadmissible" a déclaré l’avocat Hans Rieder.

La catastrophe ferroviaire de Buizingen survenue le 15 février 2015 avait coûté la vie à 19 personnes et avaient fait de nombreux blessés graves. Quatre ans après, l’enquête judiciaire suit toujours son cours. Certains survivants et des victimes de la catastrophe avaient demandé un supplément d’information au parquet mais avait reçu une réponse plutôt glaciale.

"Il est tout à fait inutile d'envoyer des rappels. Dès qu'une décision sera prise, je vous informerai immédiatement" rédigée dans un langage très administratif, la lettre du parquet informait les personnes en question qu'elles devraient attendre six mois avant de pouvoir à nouveau poser des questions sur l'enquête.

"C'est totalement inacceptable"

Hans Rieder (photo), l’avocat d’une des victimes réagi avec indignation. "C’est totalement inacceptable" a-t-il déclaré. "D’une part parce que l’enquête dure déjà depuis 4 ans et d’autre part parce qu'à notre avis c’est une affaire relativement simple d’un point de vue technique. "L’avocat n’accepte pas que ceux qui se sont portées parties civiles et qui attendent déjà depuis si longtemps doivent recevoir une telle réponse.

Le procureur de Hal-Vilvorde, Thierry Freyne, regrette ce courrier et espère que l'enquête sera rapidement bouclée.

"Cette manière de communiquer est certainement très malencontreuse de notre part", admet le procureur. "C'était une lettre-type, que je vais adapter le plus rapidement possible. Ce n'est certainement pas la bonne manière de communiquer avec des victimes."

Le procureur souligne que le parquet a déjà pris à plusieurs reprises des initiatives pour informer les victimes. Ainsi, il y a quelques mois, elles ont toutes été invitées par ce qui était encore le parquet de Bruxelles à recevoir des explications sur les rapports d'expertise et sur l'état de l'enquête.

Cette enquête est toujours en cours depuis plus de quatre ans. "C'est vrai que cela prend beaucoup de temps", reconnaît le procureur. "Nous avons fait ce que nous avons pu pour l'activer mais elle est toujours dans les mains du juge d'instruction. Celui-ci a déclaré qu'il pourrait clôturer son enquête à court terme. En attendant, nous prenons les dispositions nécessaires pour que le dossier passe devant la Chambre du Conseil le plus vite possible une fois qu'il nous aura été transmis."