Didier Reynders dérape et suscite un tollé

Lors d’un duel le confrontant à Elio Di Rupo et diffusé en direct ce mardi matin sur La Première (RTBF), le chef de file MR a lancé une phrase tapageuse : "sans les libéraux au gouvernement, ce qu'on a connu, ce sont les enlèvements et disparitions d'enfants". Le vice-Premier ministre s'est depuis dit désolé si son propos a été "mal interprété".

Didier Reynders a estimé nécessaire la présence des libéraux dans le gouvernement fédéral, leur retour en 1999 ayant permis de remettre de l'ordre après des années marquées notamment par "les enlèvements et disparitions d'enfants".

Il s'est exprimé de la sorte en répliquant au Premier ministre Elio Di Rupo qui a une nouvelle fois mis en garde face à la perspective d'une coalition des droites, associant la N-VA et les libéraux, qui pourrait s'inspirer du gouvernement Martens-Gol et de ses trois sauts d'index.

"J'ai beaucoup de respect pour ces deux hommes. Je rappelle juste qu'à l'époque il a fallu redresser ce qu'avait fait un gouvernement avec Guy Mathot comme ministre du Budget. Pendant les 10 ans qui ont suivi, sans les libéraux au gouvernement, ce qu'on a connu, ce sont les enlèvements et disparitions d'enfants, les affaires, la dioxine... Il a fallu le retour des libéraux pour remettre de l'ordre".

Au-delà, Didier Reynders a redit mardi son opposition à l'idée d'un gouvernement avec la N-VA.

Réécoutez le débat de ce mardi matin sur le site d’info de la RTBF.

Déferlement de réactions sur les réseaux sociaux

L'association entre l'action d'un gouvernement à participation socialiste et les enlèvements d'enfants a été qualifiée sur Twitter de "dérapage odieux et indigne d'un démocrate" par le président faisant fonction du PS, Paul Magnette.

Sur le même réseau social, le président du CD&V Wouter Beke qualifie d'"indignes" les propos de Didier Reynders. "On ne fait pas campagne sur le dos des enfants disparus", précise-t-il.

La coprésidente d'Ecolo Emily Hoyos a indiqué être "glacée par les propos inqualifiables de (Didier Reynders) qui le déshonorent de manière difficilement réparable".

Sur Facebook, Jean-Denis Lejeune (cdH), le père de Julie Lejeune, l'une des victimes de Marc Dutroux, s'est adressé directement au chef de file libéral. "Cher Monsieur Didier Reynders, comment pouvez-vous vous permettre de dire que 'sans le MR c'est encore les enlèvements d'enfants'? C'est du populisme ! C'est odieux. C'est un manque de classe et de respect de votre part. Une vraie langue de vipère", a-t-il écrit.
 

 

Reynders regrette "une mauvaise interprétation de son propos"

Le vice-Premier ministre MR s'est dit "désolé" si son propos a été "mal interprété". Il visait la gestion du pays, et notamment "la guerre des polices".

"C'était à la fin du débat, j'ai été coupé. Si mes propos ont été mal interprétés, je le regrette", a-t-il commenté ensuite à l'agence Belga, depuis Vienne où il doit participer à une session du Conseil de l'Europe.

"Après la guerre des polices, il a fallu, avec Antoine Duquesne, mettre en oeuvre une réforme des polices sans précédent. Après la crise alimentaire, nous avons créé l'AFSCA, c'est cela qu'a permis le retour des libéraux. Je n'ai bien évidemment jamais voulu rendre responsable qui que ce soit des dramatiques événements (les enlèvements d'enfants) qui s'étaient produits précédemment", a précisé Didier Reynders. "Je suis désolé si certains ont pu interpréter mes propos comme une mise en cause", a-t-il répété.

Le chef de file MR s'est cependant dit "surpris" par l'ampleur des réactions sur les réseaux sociaux et notamment par une "utilisation" de ses propos "qui n'avait pas lieu d'être".