Des dizaines de jeunes Belges empêchés d’aller en Syrie

Plusieurs dizaines de jeunes de Belgique, voire une centaine, ont déjà été empêchés de partir combattre en Syrie, ou persuadés de ne pas le faire, grâce aux efforts engagés par les autorités belges. C’est ce qu’a estimé jeudi soir la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (CDH), peu avant une réunion internationale sur le sujet à Bruxelles.

Près de 160 jeunes Belges se trouveraient toujours en Syrie - un chiffre stabilisé ces derniers temps - a précisé la ministre Milquet (photo) lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue français, Bernard Cazeneuve, qui préside avec elle cette quatrième réunion internationale en un an sur le sujet des combattants européens en Syrie.

Cette stabilisation serait due à la dégradation de la situation sur place - où l'idéalisme des débuts a fait place à la fragmentation des mouvements d'opposition -, au nombre de mort aussi.

Pour la première fois, la réunion ministérielle thématique associant plusieurs pays européens les plus concernés (Belgique, France, Allemagne, Espagne, Suède, Pays-Bas, Royaume-Uni) et les Etats-Unis était élargie à des pays d'origine des jeunes combattants ou de leurs familles - Jordanie, Maroc, Tunisie et Turquie. "Ces pays sont confrontés au même phénomène, comme le Maroc qui a déjà vu partir quelque 800 jeunes", a relevé Joëlle Milquet.

La ministre belge et Bernard Cazeneuve se sont particulièrement réjouis de la présence de la Turquie, "pays-clé" dans la prévention de cette problématique de par son voisinage avec la Syrie. Ils ont insisté, à l'instar du coordinateur de l'Union européenne en matière de lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, sur la nécessité pour l'Union européenne d'autoriser la consultation des données personnelles des passagers aériens (Passenger Name Record, ou PNR) enregistrées par les compagnies, et plaidé pour de telles autorisations au niveau national.

Suivant l'exemple belge, la France a adopté il y a quinze jours un plan de lutte de 23 mesures de prévention, répression et d'échanges d'informations internationales sur ses jeunes partant combattre en Syrie. Les éventuelles décisions prises pendant la réunion internationale à Bruxelles ne sont pas divulguées. Il s'agit de "mesures de sécurité confidentielles, qui ne peuvent faire les grands titres de la presse, mais s'avèrent d'une efficacité redoutable", selon Joëlle Milquet.