Pourquoi nous ne voterons plus comme en 2010

Plusieurs nouveautés seront de mise lors des élections du 25 mai. Contrairement au scrutin fédéral de 2010, nous n’élirons plus les futurs membres du Sénat. Il n’est en outre plus question de présenter des "candidats fantômes" sur les listes électorales. Enfin, la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde a également des conséquences pratiques. Petit aperçu des principaux changements.

Nous ne voterons plus pour le Sénat

Les huit partis ayant signé l’accord sur la sixième réforme de l’Etat ont voté en faveur de grandes modifications concernant le Sénat. Il n’y aura plus d’élus directs, ce qui signifie dans la pratique que vous ne recevrez plus qu’un seul formulaire à remplir pour le fédéral : celui des candidats de votre circonscription à la Chambre des représentants.
Il n’y a donc plus de listes électorales pour le Sénat.

Conséquence : il n’y aura plus de candidats au fédéral qui pourront se présenter dans les différentes circonscriptions d’une entité. Personne ne devrait donc obtenir de score monstre, tels que Yves Leterme (CD&V) l’avait fait en 2007 ou encore Bart De Wever (N-VA) en 2010. Ce dernier s’est porté candidat à la Chambre pour les prochaines élections, mais seuls les habitants de la circonscription d’Anvers, où il se présente, pourront voter pour lui.

La seule liste où les candidats peuvent se présenter dans toutes les circonscriptions de Flandre, de Bruxelles ou de Wallonie est celle des élections européennes. Au niveau flamand, les électeurs ne pourront voter que pour les candidats qui se présentent dans leur province.

Comment le prochain Sénat sera-t-il par conséquent constitué ? Dix sénateurs seront cooptés par les partis. Ils percevront pour ce poste un demi-salaire. Quarante autre sénateurs seront ceux des entités fédérées. Ces derniers siègeront déjà au sein des Parlements flamand, wallon ou bruxellois, et ne percevront pas de rémunération supplémentaire.

Le nouveau Sénat ne se réunira plus que huit fois par mois. Il perd en outre une série de compétences : l’approbation de traités, l’organisation des cours et tribunaux, ou encore les questions éthiques. Toutes ces compétences seront transférées à la Chambre des représentants au lendemain du 25 mai.

REPORTERS

Une première élection fédérale post-BHV

Les électeurs qui ont voté en 2010 dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde remarqueront d’importantes modifications lors du prochain scrutin.

Depuis la sixième réforme, la circonscription de Bruxelles a été séparée du reste. Il sera par conséquent quasi impossible pour les partis flamands de voir l’un de leurs candidats élu à Bruxelles. Globalement, les flamands devraient perdre environ deux sièges à la Chambre. Parallèlement, les partis francophones ne devraient plus obtenir de siège dans le nouvel arrondissement de Hal-Vilvorde.

La représentation des Flamands au sein du Parlement bruxellois est inscrite dans la loi : 17 sièges leur sont réservés. Un arrangement similaire existe aussi pour le Parlement flamand, où 6 sièges sont légalement réservés aux candidats flamands de la circonscription de Bruxelles.

Les électeurs des six communes à facilités (Kraainem, Drogenbos, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem) devront en outre faire un choix le jour J. Les habitants de ces communes, situées en région linguistique néerlandaise de la périphérie bruxelloise, devront en effet décider de voter soit pour les listes de Bruxelles-Capitale, soit pour celles du Brabant flamand.

Que deviennent les "candidats fantômes" ?

Ces dix dernières années, les élections et surtout leurs résultats ont été quelque peu bousculés par ce que l’on appelle les "candidats fantômes". Ces derniers se présentent sur les listes électorales sans avoir l’intention d’exercer le mandat brigué, ou alors en changeant finalement de niveau de pouvoir.

Lors des élections régionales flamandes de 2004, de nombreuses voix s’étaient ainsi levées pour dénoncer les personnalités politiques qui s’étaient présentées sur une liste alors qu’elles avaient été élues au fédéral une année plus tôt. La même agitation avait eu lieu en 2010, lorsqu’un certain nombre de candidats étaient apparus sur les listes fédérales, des candidats qui avait été élus il y a un an à peine au Parlement flamand.

Cette année, les discussions ne sont plus vraiment de mise. Suite à la réforme de l’Etat, il a en effet été décidé que les élections des entités fédérées se dérouleront désormais en même temps que les élections fédérales et européennes. La législature du gouvernement belge passe ainsi de quatre à cinq ans.

Cela signifie que les candidats ne peuvent désormais plus se présenter sur des listes à différents niveaux du pouvoir. Les seuls "faux candidats" qui pourraient demeurer sont par exemple ceux qui sont actuellement bourgmestre, et qui tirent tout de même une des listes électorales alors qu’ils ont annoncé qu’ils ne lâcheront pas leur écharpe après le scrutin du 25 mai.