Pour De Wever la campagne est descendue à son niveau le plus bas

Le ministre président flamand Kris Peeters (CD&V) et le président de la N-VA Bart De Wever se sont affrontés ce midi sur le plateau de l’émission "De zevende dag" (VRT). Une grande partie du débat a été consacrée à la polémique créée par l’interview accordée par Jan Jambon (N-VA) à Het Nieuwsblad. Bart De Wever accusant Peeters de mener une campagne du plus bas niveau.

Pour ce premier débat de la campagne électorale avec Kris Peeters, Bart De Wever avait choisi comme thème l’immigration active, pourtant il a surpris son interlocuteur en dépliant une affiche du CD&V où une femme se demande si elle devra vendre sa maison, avant de pouvoir toucher une allocation de chômage, si elle perd son emploi.

Het Nieuwsblad écrivait samedi matin que selon Jan Jambon (N-VA), "les chômeurs qui ne trouveront pas d'emploi après trois ans devront d'abord déclarer l'ensemble de leurs ressources avant de pouvoir obtenir un revenu d'intégration, donc éventuellement vendre leur maison". Ces propos ont, depuis, été démentis par l’intéressé.

"Etes-vous à l’origine de cette affiche ?" a demandé Bart De Wever à Kris Peeters. "C’est une campagne à l’Américaine. Je trouve cela lamentable, cela descend vraiment très bas".

"Dans notre programme politique, il est spécifiquement écrit que la propre maison doit être exemptée de l'examen des ressources pour les personnes de plus de 50 ans".

Kris Peeters a répondu qu’il prenait acte des excuses de Jan Jambon mais qu’il menait campagne avec les informations dont il disposait (à savoir l’interview parue dans Het Nieuwsblad).

"Pousser les gens vers le CPAS c'est asocial"

Kris Peeters a alors lancé le débat sur les propositions de la N-VA de limiter dans le temps les allocations de chômage. "Retirer aux gens leurs allocations de chômage c’est très asocial. De cette manière vous pousser les gens vers le CPAS, alors que pour mon parti l’objectif est plutôt d’aider les gens à retrouver du travail".
Kris Peeters renvoie aux chiffres d’Anvers, la ville dont Bart De Wever est bourgmestre. "Dans votre ville, il y a 36.000 chômeurs, soit 16,4% de la population".

"Arrêtez d’agiter notre programme comme un épouvantail" a réagit Bart de Wever. "Les allocations de chômage sont limitées dans le temps dans toute l'Europe. Mais chez nous, ce serait asocial ?" Ce à quoi Peeters a réagi. "Si tout le monde se jette dans l’Escaut, je vous conseille de ne pas les suivre".

De Wever a alors déclaré que selon le programme de la N-VA, les personnes qui ont travaillé et perdent leur emploi, obtiendront, la première année, une allocation dont le niveau est plus élevé qu’actuellement. La deuxième année elles obtiendront une allocation forfaitaire comparable à celle d’aujourd’hui et ensuite notre programme prévoit d’accorder un minimum vital plus élevé qu’actuellement".

Cependant Kris Peeters a répété qu’il trouvait ce programme asocial. Il a expliqué qu’une personne qui a travaillé durant des années, qui perd son emploi mais dont le partenaire gagne 1.089 euros bruts, se retrouverait sans aucune allocation. Bart De Wever n’a pas répondu tout de suite à cet argument mais a déclaré qu’il ne laisserait jamais des gens qui ont travaillé tomber dans la misère".

Pour le reste, Bart De Wever a plaidé pour la formation rapide du gouvernement régional avant le fédéral. De Wever privilégie comme partenaire le CD&V et l’Open VLD.

En fin de débat, Kris Peeters a regretté que les élections régionales et fédérales tombent en même temps. "J’aurais personnellement préféré pouvoir défendre le bilan de mon gouvernement".