"Déplacer les activités de Zaventem vers Liège ou Charleroi : impossible"

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V, photo) a exclu ce lundi tout transfert d’activités de Brussels Airport vers les aéroports wallons de Liège et Charleroi. Il s’agissait d’une possibilité évoquée quelques heures plus tôt par le Secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH) comme moyen pour réduire les nuisances sonores causées par les avions en Région bruxelloise. Des membres de la N-VA ont protesté devant le cabinet de Wathelet contre ce qu’ils qualifient d’agenda caché du Secrétaire d’Etat, à savoir une délocalisation de l’emploi flamand vers la Wallonie.

Invité ce lundi matin dans l’émission "De Ochtend" de la VRT, le Secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH, photo) a mis en garde qu’un refus par la Flandre d’un allègement des nuisances sonores causées aux riverains par les avions décollant et atterrissant à l’aéroport de Zaventem pourrait entraîner une réduction de l’activité de cette plate-forme.

"Ni les Flamands, ni les Bruxellois ne veulent au-dessus de leur tête davantage de vols de Zaventem. Il existe d’autres solutions. Par exemple les aéroports de Liège ou Charleroi", avait déclaré Wathelet. Dans une interview accordée au quotidien le Soir, le Secrétaire d’Etat a également évoqué "la réduction des activités" à Brussels Airport si la Flandre n'accepte pas son plan de dispersion des vols.

Ce lundi, Melchior Wathelet a donc évoqué la possibilité de transférer une partie des activités de Zaventem vers les aéroports wallons. "Il y a là un potentiel gigantesque. Nous voulons aussi davantage d'emplois et d'activité économique en Wallonie", a-t-il expliqué. "Nous avons beaucoup investi dans les aéroports de Liège et Charleroi, et nous sommes donc prêts à accroître la capacité".

Le ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), qui était aussi invité de la VRT, s'est dit d'accord avec le Secrétaire d'Etat fédéral.

"Pas question de déménager les activités vers la Wallonie"

En réaction aux propos de Melchior Wathelet à la VRT, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a rétorqué qu’il était exclu de transférer des activités de l’aéroport de Bruxelles-National vers ceux de Liège ou Charleroi.

"Nous ne permettrons pas que Zaventem soit freiné dans ses possibilités de développement économique. Un déplacement vers Liège ou Charleroi est également néfaste pour l'emploi néerlandophone - tout comme francophone - à Zaventem", a indiqué Peeters dans un communiqué. Selon lui, "l'aéroport de Zaventem est une porte économique très importante pour la Flandre et la Belgique".

Le ministre-président flamand a fait valoir que Brussels Airport accueillait plus de 260 entreprises, qui représentent plus de 20.000 emplois directs et 24.000 indirects. Des 20.000 travailleurs directs, près de 3.000 habitent en Région bruxelloise et 2.300 en Wallonie.

"La Flandre prend sa part des nuisances de l'aéroport, mais plaide pour leur répartition équitable", a poursuivi le ministre-président. Il est pour lui important que les communes de la Région bruxelloise prennent leur part (de nuisances) dans le cadre d'une répartition équitable, afin que cela soit supportable pour tous les riverains.

"La solidarité entre le nord et le sud de la Belgique, entre Flamands et francophones, signifie que l'on soutienne mutuellement les pôles de croissance de chacun, parce qu’on est convaincu que tout le monde en bénéficie", a souligné Kris Peeters.

Action de la N-VA au cabinet Wathelet

Une vingtaine de membres de la N-VA se sont rendus lundi midi au cabinet du Secrétaire d'Etat à la Mobilité, pour protester contre ce qu'ils considèrent comme l'agenda caché de ce dernier dans le dossier des nuisances sonores de l'aéroport de Bruxelles-National: une délocalisation de l'emploi flamand vers la Wallonie et les aéroports de Charleroi (photo) et Liège.

"Pacta sunt servanda" (les accords doivent être respectés) - "Ne laissons pas s'envoler nos emplois", a demandé le vice-président de la N-VA, Ben Weyts, accompagné des parlementaires Nadia Sminate et Theo Francken. Ils veulent connaître le "véritable agenda" de Melchior Wathelet.

En l'absence du Secrétaire d'Etat qui se trouvait à Liège, une responsable de son cabinet les a poliment accueillis, avant de souligner auprès de la presse que la Flandre, dans ce dossier, ne pouvait réclamer "le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière".