Quel parti flamand veut économiser le plus ?

Sans surprise, c’est le Vlaams Belang qui propose de faire le plus d’économies dans les dépenses publiques, suivi de la N-VA, de l’Open VLD et du CD&V. Le SP.A et Groen veulent faire le moins d’économies. La N-VA est le parti qui veut économiser le plus dans le budget de la sécurité sociale. C’est ce qui ressort de "Rekening 14", une initiative des journaux De Tijd, De Standard, de la VRT, et de l’Université de Louvain (KUL).

Tous les partis proposent dans leur programme un budget en équilibre dans les Régions et Communautés à partir de 2015, comme le Conseil Supérieur des Finances le prescrit. Soit un coût selon la KUL de 1,1 milliard d’euros.

Tous les partis proposent aussi des pouvoirs publics plus efficaces. Les transferts de l’Etat fédéral vers des instances étrangères sont épargnés par tous les partis à l’exception du Vlaams Belang, le parti d’extrême droite proposant d’épargner 1,6 milliard sur les contributions belges à l’Union européenne.

Il faut souligner que les universitaires n’examinent les effets des économies que sur le budget 2019. En effet on ne peut pas encore mesurer les effets de toutes les économies de 2014 ou 2015, certaines n'étant pas entrées en vigueur, d’autres n’ayant encore eu que trop peu d’effet.

Les économies à réaliser selon la N-VA

La N-VA propose d’économiser au total 15,9 milliards d’euros : 9 milliards (ou 57%) dans la sécurité sociale, 3,95 milliards (ou 25%) dans les Régions et Communautés et 2,95 milliards (18%) dans l’Etat fédéral.

Au fédéral, la N-VA propose un gel nominal des dépenses. Cela signifie que l’ensemble des dépenses ne pourra augmenter au cours de la législature. En cas de statu quo, les dépenses augmenteraient de 2,4 milliards.

Concrètement, les nationalistes flamands proposent que l’Etat se concentre sur ses tâches principales, que les fonctionnaires ne soient plus remplacés que de manière sélective, que le travail administratif soit réduit, que les subsides ne soient plus accordés que de manière très stricte et que les communications avec les citoyens se fassent de manière digitale.

Le saut d’index que propose la N-VA rapporterait 0,55 milliards d’euros au fédéral en 2019.

Les 9 milliards d’économie à réaliser dans la sécurité sociale proviendraient selon la N-VA du saut d’index (1,5 milliards), des pensions (2,5 milliards), et des soins de santé (2,1 milliards). En ce qui concerne les pensions, la N-VA propose un système de malus qui devrait décourager les gens à partir plus tôt en retraite.

En ce qui concerne le chômage, l’arrêt du versement des allocations après 2 ans produirait la principale économie. En outre les nationalistes flamands veulent aussi réduire de moitié le budget des prépensions et supprimer le système de pauses carrière. Par contre la N-VA propose d’injecter des fonds afin d’augmenter les plus petites pensions.

Les Régions et Communautés (y compris les communes) devront mettre la main à la poche en mettant leur budget en équilibre (1,1 milliards d’économie) et en appliquant le saut d’index (1,65 miliards).

Et comme la N-VA propose une réduction de l’impôt sur les personnes physique, les recettes des Régions seront diminuées par la baisse des centimes additionnels.

Les économies à réaliser selon le CD&V

Le CD&V veut économiser un milliard d’euros sur les pensions en encourageant tous ceux qui n’ont pas encore 60 ans à travailler 2,5 années de plus avant de demander leur pension.

En ce qui concerne les soins de santé, le CD&V propose de geler l’augmentation (réelle et celle liée à l’inflation) ce qui devrait aussi rapporter un milliard. Pour tout le budget de la sécurité sociale, le CD&V ne propose une croissance que de 0,9% par an durant la législature, ce qui constitue une économie supplémentaire de 3,9 milliards par rapport à une politique de statu quo.

Les économies que le CD&V propose de réaliser au gouvernement fédéral et dans les régions sont proches de celles envisagées par les autres partis.

Les économies à réaliser selon l’Open VLD

L’Open VLD vise surtout la sécurité sociale avec des économies de 7 milliards d’euros surtout en ce qui concerne les soins de santé : économiser sur les médicaments, les hôpitaux, les institutions de soin et davantage de contrôles sur les soins à la demande ce qui devrait permettre d’économiser 3,5 milliards d’euros.

Selon la KU Leuven cela signifie qu’avec ces dépenses, il ne sera pas possible de maintenir une inflation stable. En ce qui concerne le chômage, l’Open VLD propose de supprimer les allocations après 3 ans et d’ensuite assurer un plus grand suivi des chômeurs.

La Région flamande devra aussi économiser sur le budget de la société de transports de Lijn et à la Vlaams Energiebedrijf (qui a comme objectif de réaliser des économies en matière d’énergie dans les bâtiments publics), les libéraux flamands proposent aussi des économies au niveau fédéral.

Les économies à réaliser selon le SP.A

Les socialistes flamands veulent réaliser moins de coupes sombres et restent attachés à certaines dépenses. Cela leur donnerait l’occasion, plus que les autres partis, de ménager la sécurité sociale. En l’occurrence, le SP.A refuse qu’on ne touche aux pensions.

Pour le reste de la sécurité sociale, ils jugent qu’une économie de 2,8 milliards est réalisable, ce qui est évalué par la KULcomme une croissance de 0,79% par an.

En ce qui concerne l’Etat fédéral, le SP.A propose une plus grande centralisation de la police et de la justice, un gel des dépenses en matière de défense et une efficacité plus accrue dans l’administration des finances et la gestion du personnel. Les économies à réaliser dans les Régions pour le SP.A sont du même genre.

Les économies à réaliser selon Groen

Les écologistes flamands ne veulent pas toucher aux pensions, au contraire, ils veulent même y investir des fonds supplémentaires.

En matière de soins de santé, Groen s’accorde toutefois à faire des économies, en mettant l’accent sur la prévention, des tarifs réduits pour les médicaments et un contrôle renforcé de la surconsommation, en structurant mieux les relations entre les acteurs de premières ligne, les hôpitaux et les pharmaciens.

Sur le plan régional, les Verts flamands propose de réduire la prolifération des agences, organismes de contrôle ou d’avis. Groen propose aussi de transférer les compétences des provinces à un niveau plus local. En ce qui concerne le fédéral, Groen est plus ou moins sur la même longueur d’onde que le SP.A et l’Open VLD.

Les économies à réaliser selon le Vlaams Belang

L’opération d’économie du Vlaams Belang se monte à 22,5 milliards, dont 5,5 viendrait d’un arrêt de l’immigration.

Le parti d’extrême droite fait référence à une étude néerlandaise soutenue par le PVV, le parti de Geert Wilders. Il s’agit donc d’une extrapolation pour la Belgique. Les universitaires de Louvain n’ont pas chiffré cette extrapolation.

Les autres économies seront à réaliser par les différents pouvoirs, les pouvoirs régionaux et locaux s’acquittant de près de la moitié de l’effort. Dans ce plan figure notamment la suppression des provinces.

Le Vlaams Belang propose aussi que l’administration se serre la ceinture, notamment par un gel des salaires des fonctionnaires du secteur public, une réduction des subventions aux entreprises aussi bien à tous les niveaux du pouvoir. Au niveau fédéral, le Vlaams Belang pense notamment à la suppression des subventions à Bpost pour la distribution des journaux et magazines.

Le Vlaams Belang suggère d’économiser 1,32% des dépenses des soins de santé, soit 4,4 milliards. Le parti propose aussi une diminution du montant des allocations de chômage, soit 0,8 milliards, et une diminution de 8,7% du montant alloué aux prépensions. Pas de dépenses supplémentaires pour les pensions mais pas d’économie non plus.