Un suspect arrêté dans l’affaire des Tueries du Brabant

Un mandat d'arrêt a été décerné ce mardi à l'encontre d'un Bruxellois suspecté d'avoir participé aux Tueries du Brabant. L'individu, bien connu de la Justice pour des faits graves "d'atteintes aux personnes", a été placé sous mandat d'arrêt mardi sous neuf chefs d'inculpation, dont celui de vol avec violence avec la circonstance aggravante de meurtre. Ce mandat d'arrêt a été confirmé vendredi par la chambre du conseil de Charleroi.

Les enquêteurs de la Cellule du Brabant wallon, chapeautés par la juge d'instruction Martine Michel, ont récolté au début de l'année le témoignage d'un citoyen français affirmant avoir reçu les confidences du suspect. Or, ce dernier faisait partie du panel de portraits-robots diffusé en 1997. Trois personnes, à l'époque, l'avaient reconnues mais deux d'entre elles sont décédées depuis lors.

Les analyses ADN, effectuées avec les moyens de l'époque, n'avaient pas permis de relier le suspect aux Tueries. "Un faisceau d'indices permet aujourd'hui de suspecter à nouveau cette personne qui reste, jusqu'à présent, présumée innocente. Elle nie d'ailleurs les faits", a précisé Christian De Valkeneer. "Depuis 1997, les moyens techniques ont évolué et permettent des analyses ADN plus pointues, notamment en ce qui concerne les profils mélangés. De nouveaux devoirs sont en cours, dont une analyse psychologique du suspect afin d'éviter toute mythomanie. L'enquête se poursuit donc à charge et à décharge et d'autres pistes sont toujours poursuivies."

Le suspect serait impliqué comme auteur ou co-auteur de la première vague de crimes et indirectement concerné pour la seconde. Il nie actuellement les faits. L'individu a déjà purgé des peines de prison mais n'était pas détenu au moment des faits.

D'autres analyses semblent démontrer que les objets découverts en 1985 à Ronquières n'ont effectivement pas séjourné une année dans l'eau. Selon Christian De Valkeneer, il est donc possible que la bande était toujours en activité à ce moment. De nouvelles méthodes d'analyses, qualifiées d'expérimentales, sont toujours en cours. Les résultats sont attendus au mois de juin.

BELGA

Le délai de prescription remis en cause

Le dossier des Tueries du Brabant, qui a connu un rebondissement cette semaine, sera prescrit le 10 novembre 2015. Ce délai ne permettrait probablement pas de tenir un procès, a indiqué vendredi le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer, lors d'une conférence de presse. Il invite le futur gouvernement à se pencher sur la question. Actuellement, la loi prévoit une prescription des faits après 30 ans.

La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (photo) a réagi positivement sur les ondes de la VRT à la réflexion qu'a formulée Christian De Valkeneer. Le cdH s'est également déclaré en faveur d'une telle mesure.

"Nous disposons après les élections d'un an et demi pour changer le délai de prescription", a déclaré Annemie Turtelboom sur la VRT, évoquant la nécessité de résoudre ce qui a été "un traumatisme collectif pour notre pays".

"Nous allons rédiger des textes préparatoires de façon à ce que l'on puisse prolonger le délai de prescription rapidement après les élections", a assuré la ministre de la Justice, qui s'était déjà exprimée en ce sens dans le passé, notamment au mois de novembre dernier.