Les Français pourront voter dans 10 villes belges

Le consulat général de France à Bruxelles ouvrira dimanche des bureaux de vote dans dix villes belges pour permettre à quelque 70.000 ressortissants établis en Belgique d'élire deux députés européens représentant les Français de l'étranger, a indiqué mercredi le consul général Sylvain Berger. La communauté des Français de Belgique, l'une des communautés étrangères les plus importantes avec 250.000 ressortissants, recense 80.000 inscrits sur les listes d'électeurs.

Pour les européennes, contrairement à 2009, les électeurs français de Belgique ont cette fois la possibilité d'élire deux représentants au Parlement européen qui seront focalisés sur les thèmes touchant les Français de l'étranger. Ces deux députés s'ajoutent à la circonscription Ile-de-France.

Par ailleurs, ces électeurs seront aussi appelés à élire neuf conseillers consulaires, qui forment un comité consultatif autour du consul sur diverses matières touchant les Français de Belgique.

Dix mille autres Français inscrits pourront quant à eux voter via leur commune pour des candidats belges.

En adoptant ce système, la France évite le problème du double vote qui s'était posé lors de précédents scrutins, sans possibilité de croiser des listes. Elle fournit aussi à ses ressortissants à l'étranger un droit équivalent à celui des Français de France et une plus grande démocratie de proximité, a souligné M. Berger.

Les sujets européens touchant particulièrement les Français de Belgique sont légion, allant de la reconnaissance des diplômes au problème des retraites prises en Belgique après une carrière en France, en passant par le licenciement d'un travailleur français en Belgique ou plus prosaïquement le changement obligatoire de plaque d'immatriculation.

Le durcissement récent - en France comme en Belgique - du droit au séjour pour les bénéficiaires de l'aide sociale locale en fait aussi partie. L'an dernier, 177 Français dans ce cas ont reçu des autorités belges un ordre de quitter le territoire, de même que 21 ressortissants belges de la part d'autorités françaises. Ces "expulsions molles" (elles ne se concrétisent pas spécialement par un recours à la force, ndlr) constituent un sujet de préoccupation pour les services consulaires.

Mais si les sondages en France prédisent une poussée du vote eurosceptique, cette dernière pourrait ne pas se répercuter chez les Français de Belgique, traditionnellement moins enclins à voter extrême droite. Aucune liste d'extrême droite n'est d'ailleurs inscrite pour l'élection des conseillers consulaires.

Un des bureaux de vote principaux sera établi au centre de Bruxelles, dans le complexe Square du Mont des Arts, où les assesseurs français côtoieront leurs homologues d'Italie, autre nation d'Europe particulièrement investie dans le vote de ses ressortissants à l'étranger.