De Wever candidat au poste de Premier ministre

Interviewé ce mercredi soir dans l’émission télévisée "Terzake14" (VRT) sur sa candidature éventuelle à la tête du prochain gouvernement fédéral, le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (photo) a déclaré : "Je n’exclus rien pour le moment. Nous verrons ce que l’électeur décidera". Et d’ajouter : "Je peux imaginer un scénario dans lequel je serais amené à prendre le poste".

"Nous sommes candidat pour former un gouvernement fédéral, si l’électeur nous en donne le mandat", déclarait Bart De Wever (N-VA) ce mercredi soir dans l’émission "Terzake14" de la VRT télévision. "Le plus important sont des coalitions logiques, tant en Flandre qu’au niveau fédéral", précisait le bourgmestre anversois et président du parti nationaliste flamand.

"Si l’électeur rend une tripartite classique à nouveau possible, le gouvernement Di Rupo poursuivra simplement sur sa lancée, éventuellement avec l’aide des Verts. C’est pourquoi je demande à tous les partis flamands : abandonnez-vous à nouveau le contenu, ou non ?", poursuivait De Wever.

Le président de la N-VA a affirmé qu’il veut d’abord parvenir à une majorité au niveau de la Région flamande, avant d’entamer les négociations au niveau fédéral, après les scrutins du 25 mai. "Je veux mettre sur pied une coalition flamande. Si nous parvenons à un accord entre les partis flamands, nous serons plus forts. Nous formerons alors un bloc qui peut mettre un modèle socio-économique sur la table des négociations fédérales".

De Wever a reconnu qu’il espère pouvoir former un bloc avec les démocrates-chrétiens du CD&V et les libéraux d’Open VLD.

A la question de savoir s’il est candidat au poste de Premier ministre du gouvernement fédéral, Bart De Wever a répondu par l’affirmative. "Je n'exclus plus rien en ce moment. Nous verrons bien ce que décidera l'électeur. Je peux m'imaginer un scénario dans lequel je serais amené à prendre le poste, mais je peux également m'imaginer un scénario dans lequel cela ne sera pas nécessaire".

De Wever assure cependant que la politique qui sera menée importe plus que sa carrière. Il est partisan de "coalitions logiques" en Flandre et au fédéral, et est prêt à en payer le prix. "Je trouverais dommage de devoir abandonner le maïorat d’Anvers, mais en politique ce que vous voulez faire ne correspond pas toujours à ce que vous devez faire", concluait De Wever.

"Bizarre que cela fasse la Une maintenant"

Réagissant ce jeudi matin dans l’émission "De Ochtend" (VRT) aux déclarations de Bart De Wever, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V, photo) a estimé qu’il est logique que le président du parti qui remporte le plus grand score en Flandre dans les sondages politiques de ces derniers mois soit candidat Premier ministre au niveau fédéral.

"Ce qui est étonnant, c’est que cela ait duré tellement longtemps avant d’être dit et que cela soit subitement une grande information".

Le CD&V de Kris Peeters n’a pour sa part pas présenté de candidat Premier ministre fédéral. "Nous sommes à juste titre plus modestes". Peeters est par contre candidat à sa propre succession à la tête du gouvernement flamand.

"Football panique" réagit Magnette

Le président du PS, Paul Magnette (photo), a pour sa part qualifié les déclarations de Bart De Wever de "football panique de dernière minute" à la N-VA. "On sent bien qu'il y a une grande panique du côté de la N-VA", a-t-il réagi ce jeudi matin sur la Première (RTBF). Mais d'après lui, la candidature de Bart De Wever n'est "pas crédible une seconde".

Le président des nationalistes flamands "disait depuis des semaines qu'il resterait bourgmestre d'Anvers", pointe Paul Magnette.

Le président du PS n'est pas favorable à ce que le pays soit dirigé par un séparatiste. "C'est comme si on demandait à un renard d'être le gardien du poulailler". Magnette avait déjà dit mercredi, au sujet de la duplicité supposée de Bart De Wever, que "le renard change d'apparence mais pas de mœurs", tandis qu'Elio Di Rupo l'avait comparé à "un chat dans le pétrin".