"Intensifier le contrôle des combattants en Syrie"

La ministre de l’Intérieur démissionnaire, Joëlle Milquet (CDH, photo), veut renforcer les mesures à l’encontre des Belges qui vont se battre en Syrie. Elle l’a annoncé à l’occasion de l’arrestation d’un suspect pour la fusillade au Musée Juif de Belgique, qui a fait 3 morts et un blessé grave. Un plan d’action existe déjà et doit être intensifié. Les bourgmestres des villes d’où partent des combattants pour la Syrie se plaignent en effet d’une mauvaise communication.

La lutte contre le radicalisme et le terrorisme doit devenir une priorité politique et budgétaire, tant au niveau national qu'européen, a indiqué dimanche la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, à la suite de l'interpellation d'un suspect (photo) dans le cadre de l'enquête sur la fusillade au Musée Juif à Bruxelles. Lors d’une conférence de presse donnée en France, la ministre a souligné que cette fusillade est le premier attentat commis en Belgique par un combattant rentré de Syrie.

Joëlle Milquet espère que la prévention du radicalisme deviendra une des priorités de tous les niveaux de pouvoir, car toutes les compétences sont concernées (jeunesse, enseignement, communes...). Elle s’est aussi montrée satisfaite de l'arrestation du suspect "dans le cadre des contrôles renforcés décidés justement par les ministres de l'Intérieur des deux pays en matière de lutte contre la criminalité et le terrorisme".

La ministre belge a également énuméré les différentes mesures prises récemment pour traiter la problématique des jeunes Belges et non Belges résidant en Belgique partant et rentrant de Syrie (les "Returnees"), notamment l'entrée en fonction en 2014 de 80 policiers supplémentaires au sein de la Cellule terrorisme de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, la mise en place de la Task Foce "Syrie", comprenant tous les services de sécurité, et la plate-forme des "Returnees".

"Cette plate-forme vise à examiner de façon approfondie - sur la base de toutes les informations disponibles - toutes personnes belges ou non, résidant en Belgique et revenant de Syrie. Pour chaque profil, selon les éléments du dossier, une répartition entre services est faite et il y a soit une arrestation, soit un suivi judiciaire, soit - si il n'y a pas de dossier judiciaire ouvert - un suivi soit par un service de renseignements soit par la police locale."

La ministre a encore rappelé le lancement, en collaboration avec ses vis-à-vis français, d'un groupe des ministres de l'Intérieur européens touchés par le même phénomène. La prochaine réunion de ce groupe est prévue jeudi, en marge du Conseil Justice et Affaires intérieures à Luxembourg.

"La communication avec la justice doit être améliorée"

Les bourgmestres de communes qui ont vu partir des jeunes Belges vers la Syrie affirment qu’il est très difficile de suivre la trace de ces jeunes, notamment après leur retour au pays. D’autant plus que la communication entre les différents niveaux de pouvoir ne serait pas optimale.

"C’est particulièrement difficile de suivre tout de près", expliquait le bourgmestre de Vilvorde (Brabant flamand), Hans Bonte (SP.A, photo) à la VRT. "Il faudrait que ce soit la règle - et cela avait d’ailleurs été convenu avec la ministre Milquet - que dès qu’un combattant rentre en Belgique les instances locales soient immédiatement mises au courant. Mais les services judiciaires estiment devoir travailler de façon purement indépendante. Nous perdons ainsi temporairement le contrôle de la situation. Ceci doit absolument changer".

Les bourgmestres de Bruxelles et Maaseik tirent également la sonnette d’alarme. "Il est important que les autorités locales reçoivent aussi les informations nécessaires. Grâce à un réseau local plus serré, nous disposons d’informations qui peuvent être importantes", déclarait le bourgmestre Jan Creemers de Maaseik, dans l’émission "De Ochtend" (VRT).