Le tueur présumé dans l’attente de son extradition

La justice française a prolongé mardi la garde à vue du responsable présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles, le Français Mehdi Nemmouche, avant son extradition vers la Belgique. L'enquête va désormais se poursuivre des deux côtés de la frontière.

L'arrestation de ce Français de 29 ans, au profil de petit délinquant, a mis en lumière le rôle joué par la prison dans le processus de radicalisation islamiste et la menace que représentent à leur retour en Europe les milliers de jihadistes partant combattre en Syrie.

Le 30 mai dernier, Mehdi Nemmouche a été arrêté par des douaniers à Marseille alors qu'il se trouve dans un autocar en provenance d'Amsterdam via Bruxelles. Il a été placé en garde à vue et est interrogé depuis par les agents du contre-espionnage français.

La justice française a prolongé sa garde à vue avant une présentation mercredi devant un magistrat qui devrait lui notifier son mandat d'arrêt européen. Selon toute vraisemblance, il sera ensuite placé en détention, sous écrou extraditionnel, le temps de la procédure dont la durée dépendra notamment de l'accord de Nemmouche pour être extradé vers la Belgique. Un accord qu'il prévoit jusqu'à présent de donner, avait indiqué mardi matin son avocat.

L'enquête va désormais se poursuivre des deux côtés de la frontière. En France, confrontés au mutisme de Nemmouche, les enquêteurs entendent élucider les raisons pour lesquelles il s'est rendu à Marseille.

Voulait-il se rendre chez une connaissance pour "se mettre au vert" ? Sa famille étant d'origine algérienne, voulait-il embarquer pour fuir la France en bateau? Enfin, envisageait-il de frapper encore ? Mais alors, se demande une source proche du dossier, pourquoi s'exposer à une interpellation en traversant toute la France alors que les cibles ne manquaient pas en Belgique ou dans le nord de la France d'où est originaire ce converti à l'islamisme radical pendant sa détention?

Mais c'est surtout en Belgique que l'enquête va désormais se développer. Même si les enquêteurs n'ont guère de doute, les expertises balistiques devront dire scientifiquement si les armes retrouvées sur le suspect à Marseille sont bien celles utilisées à Bruxelles.

Les autorités belges vont également se pencher sur le réseau relationnel de Nemmouche dans ce pays, place forte des candidats au jihad en Syrie. Dimanche, les enquêteurs belges ont mené des perquisitions à Courtrai, à deux pas de la frontière française.

Rappel des faits

Le 24 mai dernier, un homme a fait irruption dans le hall du musée juif de Bruxelles et a tiré à plusieurs reprises avec une kalachnikov, tuant un couple d'Israéliens et une retraitée française. Un jeune employé belge, très grièvement blessé, est toujours entre la vie et la mort.

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