Sommet du G7 à Bruxelles, sous haute surveillance

Les dirigeants des 7 pays les plus industrialisés (États-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Japon) se réunissent ces mercredi et jeudi dans la capitale belge, pour un sommet consacré partiellement à la crise en Ukraine. C'est d'ailleurs celle-ci qui avait provoqué la délocalisation de la réunion, initialement prévue comme G8 avec la Russie, à Sotchi. Le président russe Vladimir Poutine n’a pas été invité. La présence du président américain Barack Obama entraine des perturbations de la circulation, à Brussels Airport et sur les routes.

Les tensions diplomatiques avec la Russie amènent le G7 à Bruxelles, pour la première fois de son histoire. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, est l'hôte des discussions, qui se tiennent depuis ce jeudi après-midi au bâtiment Juste Lipse, au centre de la capitale. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, y assiste également. La réunion a été préparée en bonne intelligence avec l'ancienne présidence britannique et la prochaine présidence allemande.

Grand absent des discussions, le président russe Vladimir Poutine (photo) aura néanmoins l'occasion de retrouver les dirigeants occidentaux dès vendredi, en Normandie, où il participera aux célébrations du 70e anniversaire du débarquement américain.

AP2014

Ce mercredi soir, le G7 fera le point sur la situation en Ukraine, où un léger apaisement laisse entrevoir une solution diplomatique. L'élection de Petro Porochenko à la présidence du pays "ouvre la possibilité de négociations directes" entre Kiev et Moscou, note-t-on dans le camp européen.

La politique étrangère (situation en Syrie, Afghanistan, République Centrafricaine, Corée du Nord et au Mali), l’économie, le commerce international et surtout les questions énergétiques sont au cœur des tractations diplomatiques. Lundi, la Russie a accepté de repousser d'une semaine son ultimatum sur le gaz à l'Ukraine et la menace d'une coupure d'approvisionnement. Des sujets tels que l'aide au développement et la fraude fiscale pourraient également être abordés au G7. Le format informel des discussions est censé permettre aux dirigeants de discuter de ces enjeux librement.

En marge du G7, le président Barack Obama (photo) rencontrera à Bruxelles le roi Philippe et le Premier ministre sortant, Elio Di Rupo.

Perturbations de la circulation mercredi et jeudi

A l'occasion du G7, Brussels Airport annonce de possibles perturbations durant les deux après-midi. Il est plus difficile de se rendre à l'aéroport de Zaventem et certains vols pourraient être décalés en fonction des départs et arrivées des chefs d'Etat, qui engendreront des mesures de sécurité exceptionnelles.

Brussels Airport invite dès lors les passagers concernés à contacter leur compagnie aérienne afin d'obtenir des informations plus précises sur leur vol.

Toujours par mesure de sécurité, la circulation est interdite durant tout le G7 dans le tunnel Reyers en direction du centre (dès 13h le 4 juin) et aux alentours du rond-point Schuman (dès 14h30 le 4 juin). Une zone de sécurité est également instaurée le long de la Petite Ceinture, en surface entre Porte de Namur et Louise, le président américain séjournant comme lors de sa dernière visite à The Hotel.

La place des Palais est aussi fermée à la circulation mercredi de 14h30 jusqu'en fin de soirée. D’autre part, dix lignes de bus de la STIB seront perturbées ces deux jours.

L'UE veut un accord commercial rapide avec l'Ukraine

L'Union européenne compte conclure "au plus tard le 27 juin" le second volet (commercial) de son accord d'association avec l'Ukraine, a déclaré mercredi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy (photo d'archives), peu avant le début de la réunion du G7.

Le refus de signer cet accord, par l'ancien président Viktor Ianoukovitch, avait mis le feu aux poudres de la révolution ukrainienne à la fin de l'an dernier. Le 21 mars, après des semaines de tumultes et sa fuite en Russie, l'Union européenne et l'Ukraine avaient signé un premier volet (politique). L'élection présidentielle du 25 mai dernier, qui a donné un mandat clair à Petro Porochenko, "change la donne", a estimé Van Rompuy.

Aux yeux de l'Union européenne, il est maintenant possible d'accélérer les préparatifs en vue de la signature du second volet, qui établira un libre échange avancé. L'UE compte également signer de tels accords avec la Géorgie et la Moldavie.

En dépit d'une légère accalmie ces derniers jours, les tensions restent vives entre l'occident et Moscou. Mercredi, Herman Van Rompuy a accusé la Russie de "nourrir la violence" à l'est de l'Ukraine en permettant la circulation de miliciens à travers les frontières à l'est du pays. L'Europe continue de travailler à la préparation de sanctions économiques, qu'elle pourrait activer en cas de nouvelle détérioration, a répété le président du Conseil européen.