Delhaize: Les syndicats scandalisés

Les syndicats se sont dits scandalisés mercredi matin après l'annonce par le groupe de Delhaize de son intention de supprimer 2.500 emplois. Ils ont rappelé que le personnel avait déjà effectué d'importants sacrifices ces dernières années. Selon les représentants des travailleurs, les pertes d'emplois ne concerneront pas que les 14 magasins qui ne seront plus exploités en gestion propre par le groupe.

Les organisations syndicales ne s'attendaient pas du tout à un tel scénario. "C'est une gifle au visage du personnel" a déclaré Veerle Verleyen du LBC, (syndicat chrétien).

"Nous sommes scandalisés. Delhaize est une entreprise rentable qui dit ne pas résister à la concurrence mais aucun mot (lors du conseil d'entreprise) n'a été prononcé sur la stratégie commerciale. Le conseil d'entreprise s'est clôturé avant l'ouverture de la Bourse", s'indigne Myriam Delmée, vice-présidente du Setca (syndicat socialiste).

Celle-ci estime que la fermeture des 14 magasins entraînera la suppression de 900 à 1.000 emplois. Elle ajoute que dès lors, tous les magasins du groupe Delhaize en Belgique seront affectés par des pertes d'emplois, soit plus de dix emplois perdus par magasin conservé.

"Les services centraux à Bruxelles seront également touchés", précise Delphine Latawiec, secrétaire permanente CNE.

"Je n'ai pas de solution sur le plan commercial. Mais le plan social n'est pas possible, pas tolérable. C'est un bain de sang social. Certains ont travaillé toute leur vie chez Delhaize et ont construit l'entreprise", ajoute Delphine Latawiec en soulignant que le "système préventif" mis en place par Delhaize ne respecte pas les travailleurs.

"Le personnel doit payer le plan de relance en faisant de nouveaux sacrifices", conclut Myriam Delmée en précisant que ce plan vise également à réduire les coûts salariaux, avec une diminution des salaires et des avantages sociaux.

Une quarantaine de magasins fermés ce mercredi

"Ces chiffres sont minimalistes", précise Myria Delmée. La moitié de ces actions se déroulent en Wallonie. Tant à Bruxelles qu'en Flandre, on dénombre une dizaine de magasins fermés.

"Il s'agit d'une réaction émotionnelle. Il n'y a pas eu de mot d'ordre de la part des syndicats. On attend le prochain conseil d'entreprise pour voir comment la situation évolue. On verra alors comment se structurer", a indiqué Myriam Delmée. Le Setca a déjà fait savoir qu'il refusait le calendrier établi par la direction de Delhaize dans le cadre de la procédure Renault, lancée ce mercredi et liée aux licenciements collectifs.

Limiter les licenciements

La ministre de l'Emploi Monica De Coninck (SP.A) a dit mercredi son "espoir" que "la concertation sociale à venir sur le plan stratégique de Delhaize permettra de limiter les licenciements annoncés chez le groupe de grande distribution". Delhaize Belgique a annoncé mercredi une restructuration qui pourrait entraîner la perte de 2.500 emplois et la fermeture de 14 magasins pour les trois prochaines années.

Apportant son "soutien" à tous les travailleurs concernés, la ministre a évoqué mercredi la procédure Renault qui vient d'être enclenchée et qui doit permettre aux syndicats de présenter, sur base de l'information reçue, des solutions de rechange aux annonces faites par la direction. Cette dernière devra alors examiner les contre-propositions.

Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) et la ministre de l'Emploi Monica De Coninck rencontreront les syndicats dans les prochains jours. Le gouvernement fédéral examinera ensuite avec les gouvernements régionaux comment répondre aux préoccupations des travailleurs.