Laurent Louis condamné à 8 mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, mardi, le député sortant Laurent Louis à 8 mois de prison avec sursis et à 1.200 euros d'amende pour outrage au Premier ministre, injures à l'égard d'un journaliste du Soir et de quatre autres personnes ainsi que pour infraction à la loi concernant la communication de données à caractère personnel.

Laurent Louis, député fédéral indépendant non réélu, ancien membre du Parti Populaire et fondateur du parti "Debout les Belges", a été reconnu coupable d'outrage à l'égard du Premier ministre Elio Di Rupo qu'il avait traité de pédophile, en 2012. Il a aussi été reconnu coupable d'avoir proféré des injures à l'égard d'un journaliste du Soir et de quatre autres personnes.

En 2012, sur Twitter, Laurent Louis avait qualifié ce journaliste de "protecteur des pédophiles" et, à la même période, il avait publié, sur son blog, une liste d'un peu plus de 350 personnes décrites, sans fondement, comme pédophiles.

Pour quelque 150 de ces personnes, le juge a déclaré la prévention de calomnie prescrite, et pour quelque 200 autres, le juge a déclaré les poursuites irrecevables à l'encontre du prévenu étant donné qu'aucune plainte n'avait été déposée ou que les plaintes avaient été déposées après la jonction du réquisitoire de renvoi. Pour quatre personnes, la prévention de calomnie a été disqualifiée en prévention d'injures et déclarée établie.

Laurent Louis a par contre été acquitté de recel de pièces du dossier Dutroux. En 2012, lors d'une conférence de presse, il avait brandi deux photographies provenant du rapport d'autopsie de Julie et Mélissa, victimes du pédophile Marc Dutroux.

Concernant cette prévention, le juge a estimé qu'il n'y avait aucune preuve de l'origine délictueuse de ces documents. De plus, cette action s'est déroulée après la tenue du procès Dutroux au cours duquel toute l'enquête avait été rendue publique, est-il précisé dans le jugement.

Le juge a qualifié Laurent Louis de "vulgaire calomniateur, méprisant la réputation d'autrui" et l'a condamné à 8 mois de prison avec sursis et à 1.200 euros d'amende. Celui-ci a aussi été condamné à verser quelque 1.000 euros à la partie civile.

Pour Me Courtoy, l'avocat de Laurent Louis, les faits devaient être qualifiés de délit de presse car les propos avaient été véhiculés via un blog. Il estime donc que le tribunal devait donc se déclarer incompétent à juger cette affaire. L'avocat et son client ont annoncé qu'ils allaient interjeter appel de la décision.