La N-VA choisit le Groupe des Conservateurs et Réformistes

Le parti nationaliste flamand - qui a obtenu 4 sièges au Parlement européen à l’issue des élections du 25 mai - s’est prononcé mercredi soir pour une adhésion à l’ECR, le Groupe des Conservateurs et Réformistes du Parlement européen, fondé par les tories du Premier ministre britannique David Cameron. Le N-VA n’a finalement pas répondu à l’invitation de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe de Guy Verhofstadt, qui lui avait ouvert ses portes. Selon le député européen Johan Van Overtveldt, le ralliement à l’ECR donnera à son parti "l’autonomie la plus large possible".

Jusqu’aux élections du 25 mai, la N-VA - comme plusieurs autres partis régionalistes d’Europe - siégeait (avec un député élu) au sein du Groupe des Verts au Parlement européen. Mais cela créait des tensions avec la direction du parti et avec le parti écologiste flamand Groen. La N-VA devait donc se chercher un autre groupe au sein du parlement européen.

Jusqu’à présent, le parti de Bart De Wever et de Johan Van Overtveldt (tête de la liste européenne des nationalistes flamands, photo) ne voulait pas se prononcer. La fraction libérale ALDE, à laquelle appartiennent le parti flamand Open VLD et le parti francophone MR, semblait avoir la préférence de la N-VA. Le président des libéraux européens, le Belge Guy Verhofstadt, aurait volontiers accueilli les 4 députés N-VA (Johan Van Overtveldt, Louis Ide, Helga Stevens en Mark Demesmaeker). Mais les libéraux francophones s’y opposaient.

Après avoir débattu trois heures mercredi soir sur la place que doit occuper le parti nationaliste au Parlement européen ces cinq prochaines années, la N-VA a finalement décidé officiellement vers 23h d’adhérer au groupe ECR.

Outre les conservateurs britanniques, l'ECR rassemble notamment les eurosceptiques Alternative für Deutschland et l’extrême droite du Parti populaire danois (DF). Il semble qu'au sein de la N-VA, le fait de rejoindre un groupe avec en son sein deux partis qualifiés d'extrême droite par bon nombre d'observateurs, un danois et un finlandais, n’ait pas constitué un obstacle.

"Aucun groupe ne convenait à 100%"

Le député européen Johan Van Overtveldt, tête de liste N-VA aux élections, justifie le ralliement à l'ECR comme le choix d'un groupe au sein duquel les nationalistes flamands "bénéficieront de l'autonomie la plus large possible pour déterminer en toute liberté nos points de vue et notre discipline de vote". La N-VA a estimé que "l'eurofédéralisme volontariste" de l'ancien Premier ministre belge "restait difficile à digérer".

Van Overtveldt a également jugé que la proposition de Guy Verhofstadt (photo) était dénuée d'engagement et peu crédible. "Il a promis dans un écrit formel envoyé à un groupe de régionalistes plus d'attention pour le régionalisme et l'autonomie. Mais à un autre groupe d'unionistes, il a confirmé l'engagement formel de l'ALDE selon lequel rien ne changerait en ce qui concerne le découpage territorial des Etats-membres", a expliqué l’élu N-VA.

Johan Van Overtveldt a admis que son parti avait négocié avec plusieurs groupes. "Aucun ne rencontrait à 100% les griefs de la N-VA". Mais finalement le choix s'est porté sur "le groupe offrant le plus large temps de parole au Parlement et des représentations dans les Commissions".

Pour justifier ce choix, l'ancien rédacteur en chef du magazine Trends est aussi revenu sur le modèle européen défendu par les nationalistes flamands. La N-VA est un parti "euroréaliste", a souligné le député européen. "Nous rejetons l'idée d'un super Etat européen autant que le négativisme complet. Nous adoptons une attitude 'positive-critique' vis-à-vis de l'Union européenne. Ce faisant, nous rejoignons les idées des groupes les plus importants au sein de l'ECR".

L'ECR est un nouveau groupe comprenant les conservateurs britanniques, opposés à 'l'Etat européen' mais attachés au marché intérieur, des partis d'extrême droite danois et finlandais, les eurosceptiques allemands, des anti-avortement, -euthanasie, et -mariage homosexuel polonais. La N-VA dit se retrouver dans l'idéologie socio-économique des principaux courants du groupe, mais elle admet qu'au-delà il existe un certain nombre de divergences avec des partis membres. Johan Van Overtveldt fait valoir la liberté d'action qui animera chaque formation au sein du groupe.

Le nouveau député promet de défendre l'ensemble du programme de la N-VA: le régionalisme européen, la défense des libertés civiles et des droits de l'Homme, une plus grande discipline budgétaire, la mise en place de l'union bancaire, l'approfondissement du marché intérieur, des lois européennes meilleures, mais moins nombreuses.