"La N-VA rallie l'ECR: mauvaise chose pour nos entreprises"

"Le choix de la N-VA pour une adhésion à l’ECR, le Groupe des Conservateurs et Réformistes du Parlement européen, est une mauvaise chose pour la Belgique et pour nos entreprises. Nous sommes une économie ouverte, située dans le centre de l’Europe, ce qui constitue un atout pour nos entreprises et à présent la N-VA se demande si elle veut encore de l’Europe, a déclaré le commissaire européen Karel De Gucht (Open VLD), dans l’émission "De zevende dag" (VRT).

Au début de la semaine, la N-VA a annoncé qu’elle avait choisi de rejoindre l’ECR, le Groupe des Conservateurs et Réformistes du Parlement européen, fondé par les tories du Premier ministre britannique David Cameron. Un groupe dont font aussi partie les ultra-conservateurs néerlandais de Christen Unie, le parti populaire danois (Dansk Folkeparti) et le parti d’extrême droite comme les Vrais Finlandais (Ware Finnen).

Jusqu’à présent, la fraction libérale ALDE, à laquelle appartiennent le parti flamand Open VLD et le parti francophone MR, semblait avoir la préférence de la N-VA. Le président des libéraux européens, le Belge Guy Verhofstadt, aurait volontiers accueilli les députés N-VA.   Mais finalement la N-VA a opté pour l'ALDE.

Ce choix a provoqué de très nombreuses réactions négatives dans les rangs des libéraux mais aussi d’autres partis. La décision de la N-VA "n'est pas bonne pour le projet européen", a réagi Guy Verhofstadt, mercredi soir. Le parlementaire européen Ivo Belet (CD&V) a même jugé cette décision atroce. "Je ne comprends pas ce qu’ils vont faire avec ces crapules" a-t-il déclaré à deredactie.be.
 

Invité de l’émission dominicale de la VRT "De zevende dag" le Commissaire européen Karel de Gucht s’en prend aussi aux nationalistes flamands. "Ce que la N-VA a fait est un sale coup".

"Mais indépendamment du fait que cela se soit produit, c’est le fait que le plus grand parti choisisse un groupe eurosceptique, qui constitue un fait politique important", souligne encore De Gucht. Selon lui, tous les partis politiques belges, à l’exception du Vlaams Belang soutiennent traditionnellement l'intégration européenne » et la N-VA est désormais le premier parti à s'éloigner de ce consensus.

Cela aura des implications importantes pour notre pays sur la scène internationale".

Karel de Gucht se demande dès lors comment un parti pro-européen comme le CD&V va intégrer cet aspect dans les négociations en vue de former une coalition en Belgique.

"Je me demande comment un parti comme le CD&V qui a toujours été un parti pro-européen avec des personnalités comme Jean-Luc Dehaene et Wilfried Martens qui ont joué un rôle important en Europe, va accueillir une tel choix, y compris dans les négociations en vue de former le gouvernement flamand".

"Mais il n’y a pas que l’aspect politique", ajoute Karel De Gucht, "le monde des entreprises est aussi la victime du choix de la N-VA. Nous sommes une économie ouverte, située dans le centre de l’Europe, ce qui constitue un atout pour nos entreprises en terme d’exportations et d’emplois. Et à présent la N-VA se pose des questions et se demande si elle veut encore de l’Europe. Ce climat est une mauvaise chose pour la Belgique et pour le monde des entreprises, conclu Karel de Gucht.